{"id":11093,"date":"2025-05-22T11:44:30","date_gmt":"2025-05-22T10:44:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=11093"},"modified":"2025-05-22T11:44:31","modified_gmt":"2025-05-22T10:44:31","slug":"morocco-tomato-conference-loccasion-pour-morocco-foodex-de-decrypter-les-flux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/foodmagazine.ma\/?p=11093","title":{"rendered":"Morocco Tomato Conference : L\u2019occasion pour Morocco Foodex de d\u00e9crypter les flux"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"563\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11094\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-1-1.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-1-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-1-1-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Agadir, la Morocco Tomato Conference, organis\u00e9e le 21 mai par Green Smile, a rassembl\u00e9 les principaux acteurs de la fili\u00e8re pour faire le point sur les grands enjeux du secteur. Cette 5<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;\u00e9dition a permis aux producteurs, exportateurs et experts d&#8217;\u00e9changer sur les d\u00e9fis actuels et les perspectives d&#8217;avenir de la fili\u00e8re. Parmi les temps forts, l&#8217;intervention sur les dynamiques mondiales d&#8217;exportation de M. Ali Rougui, chef du d\u00e9partement de la veille strat\u00e9gique de Morocco Foodex, a permis de mieux cerner les transformations \u00e0 l&#8217;\u0153uvre dans la fili\u00e8re. L\u2019intervention a \u00e9galement permis de dresser un \u00e9tat des lieux des performances \u00e0 l&#8217;export du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 une demande internationale en constante \u00e9volution, la tomate marocaine s\u2019impose comme un produit strat\u00e9gique sur les march\u00e9s agricoles mondiaux. Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019essor des petites vari\u00e9t\u00e9s, de la mont\u00e9e en puissance de nouveaux exportateurs ou encore des tensions sur les volumes produits en Europe, la campagne 2024-2025 confirme de profondes mutations. Dans ce contexte, le Maroc conforte son positionnement en tant qu\u2019acteur cl\u00e9, tirant parti d\u2019avantages comparatifs solides et d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019exportation r\u00e9solument tourn\u00e9e vers la performance et la diversification.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"563\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-2-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11095\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-2-1.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-2-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-2-1-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc conforte sa place dans les march\u00e9s mondiaux de la tomate<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec 7,7 millions de tonnes \u00e9chang\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale pour une valeur estim\u00e9e de 12,1 milliards de dollars en 2024, le commerce mondial de la tomate s\u2019impose comme un levier strat\u00e9gique. Le Maroc y tire son \u00e9pingle du jeu, notamment sur le march\u00e9 europ\u00e9en. A elle seule, l\u2019Union europ\u00e9enne concentre 42 % des volumes et 54 % des valeurs d\u2019importation mondiales de tomate, soit 3,4 millions de tonnes pour un montant de 6,5 milliards de dollars. Le Maroc s\u2019y positionne comme 2<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;fournisseur, avec 1,6 milliard de dollars de ventes, repr\u00e9sentant 24 % de parts de march\u00e9, juste derri\u00e8re les Pays-Bas (28 %) et devant l\u2019Espagne (19 %).<\/p>\n\n\n\n<p>Au Royaume-Uni, le Maroc a export\u00e9 135 000 tonnes en 2024, captant 34 % du march\u00e9, contre 144 000 tonnes et 37 % de part de march\u00e9 deux ans plus t\u00f4t. Un recul relatif qui n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 sa position de poids lourd.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les pays du Golfe, le Royaume reste le deuxi\u00e8me fournisseur, derri\u00e8re la Jordanie, avec 17,9 millions de dollars d\u2019exportations, soit 21 % du march\u00e9. En Afrique de l\u2019Ouest, il p\u00e8se pour 7,8 millions de dollars, soit 23 % des importations, juste derri\u00e8re le Burkina Faso. \u00ab&nbsp;<em>Ces chiffres confirment l\u2019ancrage strat\u00e9gique de notre fili\u00e8re tomate, qui continue de gagner en comp\u00e9titivit\u00e9 et en valeur ajout\u00e9e \u00e0 l\u2019international<\/em>&nbsp;\u00bb, souligne M. Ali Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc, 3<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;exportateur mondial de tomates fra\u00eeches<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur un march\u00e9 mondial en l\u00e9ger recul avec un taux de croissance annuel moyen de -0,3 % entre 2020 et 2024, le Maroc s\u2019est hiss\u00e9 au troisi\u00e8me rang mondial des exportateurs de tomates fra\u00eeches en 2024, avec une part de march\u00e9 de 11 %. Une progression remarquable qui fait du Royaume l\u2019un des plus dynamiques du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec 0,9 million de tonnes export\u00e9es, le Maroc d\u00e9passe d\u00e9sormais l\u2019Espagne et la Turquie, et talonne les deux leaders mondiaux : le Mexique, qui reste en t\u00eate avec 2,1 millions de tonnes (25 % de parts de march\u00e9), et les Pays-Bas, d\u00e9sormais deuxi\u00e8mes avec 0,9 million de tonnes (11 % \u00e9galement, mais en recul).<\/p>\n\n\n\n<p>Le Royaume affiche la plus forte progression parmi les 20 principaux exportateurs, avec une croissance de +11 % sur la p\u00e9riode 2020-2024, contre +4 % pour le Mexique et -3 % pour les Pays-Bas.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Cette performance confirme la mont\u00e9e en puissance de la fili\u00e8re tomate marocaine sur les march\u00e9s internationaux. Elle est le fruit d\u2019une strat\u00e9gie orient\u00e9e vers la qualit\u00e9, la r\u00e9gularit\u00e9 d\u2019approvisionnement et l\u2019optimisation logistique<\/em>&nbsp;\u00bb, souligne M. Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc devance ainsi des poids lourds historiques comme la France, la Turquie, ou encore le Canada, et continue de renforcer son positionnement sur les march\u00e9s europ\u00e9ens et moyen-orientaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les exportations marocaines de tomates repartent \u00e0 la hausse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un l\u00e9ger recul observ\u00e9 lors de la campagne 2023-24, les exportations marocaines de tomates ont connu une reprise notable au cours de la campagne 2024-25. Selon les donn\u00e9es arr\u00eat\u00e9es au 30 avril, 621 000 tonnes de tomates ont \u00e9t\u00e9 export\u00e9es, soit une progression de 9 % par rapport \u00e0 l\u2019exercice pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette dynamique est port\u00e9e principalement par la tomate de segmentation, qui repr\u00e9sente 56 % du total avec 350 000 tonnes, en hausse de 13 % sur un an. La tomate ronde, quant \u00e0 elle, affiche 271 000 tonnes, soit 44 % des volumes export\u00e9s, avec une progression plus mod\u00e9r\u00e9e de 5 %.<\/p>\n\n\n\n<p>En comparaison, la campagne pr\u00e9c\u00e9dente (2023-24) s\u2019\u00e9tait sold\u00e9e par un repli global de -6 % par rapport \u00e0 2022-23, avec 570 000 tonnes exp\u00e9di\u00e9es contre 609 000 tonnes l\u2019ann\u00e9e d\u2019avant. Ce fl\u00e9chissement avait particuli\u00e8rement affect\u00e9 la tomate ronde, dont les volumes avaient diminu\u00e9 de 1 %, alors que la tomate de segmentation s\u2019\u00e9tait maintenue (+4 %). \u00ab&nbsp;<em>Cette reprise des exportations, port\u00e9e par la tomate de segmentation, illustre l\u2019agilit\u00e9 de la fili\u00e8re face aux fluctuations du march\u00e9 international<\/em>&nbsp;\u00bb, souligne M. Rougui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tomates marocaines : l\u2019UE reste en t\u00eate, perc\u00e9e en Afrique subsaharienne et diversification r\u00e9gionale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les exportations marocaines de tomates ont atteint 621 000 tonnes au 30 avril 2025, en hausse de 9 % par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Cette progression s\u2019accompagne d\u2019une consolidation des parts de march\u00e9 \u00e0 l&#8217;international, mais aussi d\u2019une l\u00e9g\u00e8re redistribution r\u00e9gionale de la production.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne, incluant le Royaume-Uni, demeure de loin la premi\u00e8re destination des tomates marocaines avec 577 000 tonnes export\u00e9es, soit 93 % du total. Toutefois, une dynamique de diversification s\u2019observe, notamment vers l\u2019Afrique subsaharienne, o\u00f9 les volumes sont pass\u00e9s de 25 000 tonnes \u00e0 31 000 tonnes en un an, enregistrant une hausse de 23 %. Les exportations vers les pays du Golfe ont \u00e9galement bondi de 39 %, atteignant 3 000 tonnes, tandis que les \u00ab autres march\u00e9s \u00bb ont progress\u00e9 de 38 % (de 7 000 \u00e0 10 000 tonnes).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ces \u00e9volutions traduisent les efforts d\u2019ouverture de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s tout en maintenant notre position dominante en Europe<\/em>&nbsp;\u00bb, indique M. Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9gions exportatrices, le Souss-Massa reste l\u2019\u00e9picentre de la production, repr\u00e9sentant 98 % des volumes exp\u00e9di\u00e9s avec 609 000 tonnes, en hausse de 9 %. Marrakech-Safi a l\u00e9g\u00e8rement progress\u00e9 (+5 %) avec 9 000 tonnes, tandis que Casablanca-Settat affiche 2 000 tonnes (+9 %). \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019Oriental enregistre une baisse notable de 22 %, avec seulement 800 tonnes export\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"583\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-3-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11096\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-3-1.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-3-1-300x175.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-3-1-768x448.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tomates de segmentation : des exportations en forte croissance et des march\u00e9s en diversification<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les exportations marocaines de tomates de segmentation ont enregistr\u00e9 une progression marqu\u00e9e de 13 % sur un an, atteignant 350 000 tonnes \u00e0 fin avril 2025, contre 311 000 tonnes durant la campagne pr\u00e9c\u00e9dente. Cette performance confirme la mont\u00e9e en puissance de ce segment strat\u00e9gique pour la fili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le march\u00e9 europ\u00e9en, incluant le Royaume-Uni, absorbe toujours l\u2019essentiel des volumes avec 339 000 tonnes, soit 97 % des exportations, en hausse de 12 %. Toutefois, les destinations alternatives connaissent une dynamique bien plus soutenue : les exportations vers l\u2019Afrique subsaharienne ont doubl\u00e9 pour atteindre 2 000 tonnes (+72 %), celles vers les pays du Golfe progressent de 39 % et les \u00ab autres march\u00e9s \u00bb de 52 %, passant de 4 000 \u00e0 6 000 tonnes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Cette croissance s\u2019explique par une segmentation de plus en plus fine de l\u2019offre et une meilleure adaptation aux besoins sp\u00e9cifiques de chaque march\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, estime M. Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan r\u00e9gional, la r\u00e9gion de Souss-Massa reste dominante, concentrant 339 000 tonnes, soit plus de 96 % des volumes de tomates de segmentation export\u00e9s. Les autres r\u00e9gions restent marginales mais stables : Marrakech-Safi (9 000 t), Casablanca-Settat (1 700 t) et L\u2019Oriental (800 t).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tomates rondes : hausse mod\u00e9r\u00e9e des exportations marocaines en 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les exportations marocaines de tomates rondes ont atteint 271 000 tonnes au 30 avril 2025, soit une progression de +5 % par rapport \u00e0 l\u2019exercice pr\u00e9c\u00e9dent. Si la croissance est plus mod\u00e9r\u00e9e que pour les tomates de segmentation, elle confirme n\u00e9anmoins la reprise du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne (y compris le Royaume-Uni) reste de loin le principal d\u00e9bouch\u00e9 avec 239 000 tonnes, repr\u00e9sentant 88 % des exportations, en l\u00e9g\u00e8re hausse de 3 %. L\u2019Afrique subsaharienne affiche une dynamique plus soutenue, avec 28 000 tonnes export\u00e9es (+20 %), ce qui en fait le deuxi\u00e8me march\u00e9 d\u2019exportation de la tomate ronde marocaine. Les pays du Golfe progressent aussi de 37 %, mais ne repr\u00e9sentent encore que 0,4 mille tonnes. Les \u00ab autres march\u00e9s \u00bb enregistrent une hausse de 21 %.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ce sont surtout les volumes vers l\u2019Afrique qui confirment la vitalit\u00e9 du segment, avec une demande croissante port\u00e9e par des besoins en approvisionnement r\u00e9gulier<\/em>&nbsp;\u00bb, analyse M. Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00f4t\u00e9 production, le Souss-Massa conserve sa supr\u00e9matie avec 270 000 tonnes exp\u00e9di\u00e9es (+5 %). Casablanca-Settat progresse de +68 %, tandis que Rabat-Sal\u00e9-K\u00e9nitra fait son entr\u00e9e dans les statistiques avec 1 000 tonnes. \u00c0 l\u2019inverse, la r\u00e9gion de L\u2019Oriental chute fortement, passant de 300 \u00e0 60 tonnes (-79 %).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une croissance port\u00e9e par la demande et les politiques agricoles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le march\u00e9 mondial de la tomate poursuit sa trajectoire ascendante. En 2024, sa taille est estim\u00e9e \u00e0 207,17 milliards de dollars. Selon les pr\u00e9visions, ce chiffre devrait atteindre 261,41 milliards de dollars d\u2019ici 2029, soutenu par un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 1 %.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette dynamique est port\u00e9e par plusieurs facteurs cl\u00e9s. D\u2019une part, l\u2019apr\u00e8s-COVID-19 continue d\u2019influencer les habitudes alimentaires mondiales. D\u2019autre part, les usages des tomates se diversifient dans de nombreux secteurs&nbsp;agroalimentaire, restauration, transformation industrielle&nbsp;;&nbsp;&nbsp;tandis que les politiques publiques multiplient les initiatives pour stimuler la productivit\u00e9 agricole.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00f4t\u00e9 production, la croissance reste mod\u00e9r\u00e9e mais r\u00e9guli\u00e8re. Entre 2024 et 2028, les volumes mondiaux devraient passer de 197,28 millions de tonnes \u00e0 204,93 millions de tonnes. Une progression mesur\u00e9e mais continue qui traduit la r\u00e9silience du secteur face aux chocs climatiques et \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La production reste r\u00e9partie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire, avec des bassins majeurs en Am\u00e9rique du Nord, Europe, Asie-Pacifique, Am\u00e9rique du Sud, Afrique et Moyen-Orient. En parall\u00e8le, la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique du produit s\u2019affirme : on compte aujourd\u2019hui plus de 500 vari\u00e9t\u00e9s de tomates \u00e0 travers le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entre repositionnement strat\u00e9gique et tensions structurelles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le march\u00e9 mondial de la tomate poursuit sa transformation, port\u00e9 par une demande croissante mais confront\u00e9 \u00e0 des d\u00e9fis g\u00e9opolitiques, climatiques et logistiques. Le Maroc y consolide son r\u00f4le, notamment apr\u00e8s le Brexit, en tant que fournisseur strat\u00e9gique de l\u2019Union europ\u00e9enne et du Royaume-Uni.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, de nouveaux acteurs montent en puissance. La Turquie pr\u00e9voit une hausse significative de sa production, tandis que l\u2019accord UE-Mercosur pourrait intensifier la concurrence avec l\u2019arriv\u00e9e renforc\u00e9e des pays d\u2019Am\u00e9rique du Sud. La Chine, premier producteur mondial, continue d\u2019accro\u00eetre ses volumes de concentr\u00e9 de tomate, au risque de saturer l\u2019offre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00f4t\u00e9 consommation, la mont\u00e9e en popularit\u00e9 des petites vari\u00e9t\u00e9s, notamment les tomates cerises, cr\u00e9e de nouvelles opportunit\u00e9s pour les producteurs europ\u00e9ens capables de s\u2019adapter aux pr\u00e9f\u00e9rences \u00e9mergentes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019international, les tensions commerciales et logistiques p\u00e8sent. Le Mexique a confort\u00e9 son rang de leader mondial des exportations, avec une valeur estim\u00e9e \u00e0 2,988 milliards de dollars en 2023. Les ports de Laredo et Nogales restent les principales portes d\u2019entr\u00e9e des tomates vers les \u00c9tats-Unis. Ces derniers imposent des droits de douane de 25 % sur les produits import\u00e9s du Canada et du Mexique, impactant directement le secteur horticole.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le march\u00e9 europ\u00e9en, la production espagnole de tomates a chut\u00e9 de 21 % en 2024, et les exportations de 35,16 % sur dix ans. Les prix au producteur ont bondi de 659 % en mai 2024. Le Royaume-Uni a aussi enregistr\u00e9 une flamb\u00e9e des prix : +49 % pour les tomates rondes, faisant du Maroc son principal fournisseur.<\/p>\n\n\n\n<p>En Asie, l\u2019Azerba\u00efdjan a export\u00e9 129 800 tonnes de tomates en 2024, g\u00e9n\u00e9rant 155,4 millions USD. En Italie, l\u2019apparition du Tomato Fruit Blotch Virus (ToFBV) inqui\u00e8te les professionnels, tandis que les Pays-Bas investissent dans une nouvelle infrastructure portuaire \u00e0 Rotterdam, renfor\u00e7ant leur r\u00f4le dans la logistique des produits frais.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le transport maritime mondial est en mutation : des r\u00e9formes attendues pour 2025 pourraient affecter la distribution des produits p\u00e9rissables, avec des co\u00fbts logistiques d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9s en 2024.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc renforce son avance face \u00e0 ses concurrents<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans un contexte mondial marqu\u00e9 par la concurrence accrue entre pays producteurs, le Maroc consolide sa place parmi les leaders des exportations de tomates, notamment vers l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume-Uni. \u00c0 travers une combinaison d\u2019avantages structurels et strat\u00e9giques, le Royaume tire profit de ses co\u00fbts de production comp\u00e9titifs, d\u2019un ensoleillement favorable et de l\u2019adoption de technologies agricoles avanc\u00e9es. Il s\u2019impose comme fournisseur de r\u00e9f\u00e9rence hors saison sur le march\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, la fili\u00e8re marocaine reste confront\u00e9e \u00e0 plusieurs d\u00e9fis, dont la menace du virus ToBRFV (Tomato Brown Rugose Fruit Virus) et les accusations de concurrence d\u00e9loyale \u00e9manant de certains pays europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la Turquie, la progression est \u00e9galement significative. Ce pays b\u00e9n\u00e9ficie de co\u00fbts de production attractifs et de forts investissements dans les infrastructures agricoles, mais doit composer avec une forte d\u00e9pendance aux march\u00e9s europ\u00e9ens et des normes environnementales et sanitaires contraignantes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Espagne, autre acteur majeur, voit sa position fragilis\u00e9e par la baisse de la production locale, les importations marocaines comp\u00e9titives, et les al\u00e9as climatiques. Elle mise sur la recherche de vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes au ToBRFV pour maintenir sa comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Pays-Bas, leaders sur le march\u00e9 britannique, tirent leur \u00e9pingle du jeu gr\u00e2ce \u00e0 des vari\u00e9t\u00e9s de tomates sous serre de haute qualit\u00e9, mais leur co\u00fbt de revient \u00e9lev\u00e9 reste un frein \u00e0 leur d\u00e9veloppement sur les march\u00e9s de masse.<\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique, le Mexique conserve son rang de premier fournisseur des \u00c9tats-Unis, malgr\u00e9 les droits de douane \u00e9lev\u00e9s. L\u2019Italie, quant \u00e0 elle, mise sur l\u2019expertise culturale et la recherche vari\u00e9tale, mais subit la menace du ToBRFV et la pression des co\u00fbts de production.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le souligne M. Rougui : \u00ab&nbsp;<em>La comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019industrie mondiale de la tomate d\u00e9pendra \u00e0 long terme de l\u2019innovation, des politiques commerciales \u00e9quilibr\u00e9es et de la r\u00e9silience face aux nouvelles menaces sanitaires<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tomates en Europe : une production en baisse et une d\u00e9pendance croissante aux importations<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La campagne 2024-2025 confirme une baisse progressive de la production europ\u00e9enne de tomates, estim\u00e9e \u00e0 16,95 millions de tonnes en 2025, contre 17,08 millions de tonnes en 2024. D\u2019ici 2028, les volumes devraient tomber \u00e0 16,56 millions de tonnes, soit un recul moyen de 1 % par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Les principaux pays producteurs demeurent l\u2019Espagne, l\u2019Italie, les Pays-Bas et la France, mais leur production est fortement marqu\u00e9e par la saisonnalit\u00e9. Les cultures sous serre permettent d&#8217;\u00e9tendre les p\u00e9riodes de r\u00e9colte, sans toutefois suffire \u00e0 couvrir la demande constante du march\u00e9 europ\u00e9en tout au long de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En dehors des saisons locales, l\u2019Europe s\u2019appuie sur les importations, notamment en provenance du Maroc, d\u2019Isra\u00ebl et de la Turquie, pour combler le d\u00e9ficit. Cette tendance est accentu\u00e9e par la baisse des rendements locaux et la diversification des sources d\u2019approvisionnement. \u00c0 l\u2019inverse, certains pays europ\u00e9ens restent actifs \u00e0 l\u2019export, notamment vers les march\u00e9s voisins.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019Europe reste d\u00e9pendante des importations pour s\u00e9curiser son approvisionnement hors saison, ce qui renforce le positionnement des pays tiers comme le Maroc<\/em>&nbsp;\u00bb, observe M. Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p>Les prix sur le march\u00e9 europ\u00e9en restent volatils, influenc\u00e9s par la m\u00e9t\u00e9o, la qualit\u00e9 du produit et le co\u00fbt de production, tandis que les normes sanitaires et environnementales strictes p\u00e8sent sur la dynamique de production int\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tomates fra\u00eeches : l\u2019Europe r\u00e9duit ses surfaces et sa production d\u2019ici 2028<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La fili\u00e8re europ\u00e9enne de la tomate fra\u00eeche fait face \u00e0 une r\u00e9duction continue de ses surfaces cultiv\u00e9es et de sa production. Selon les derni\u00e8res pr\u00e9visions, la superficie r\u00e9colt\u00e9e passera de 86 615 hectares en 2024 \u00e0 76 946 hectares en 2028, soit une baisse annuelle moyenne de -3 %.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette diminution impacte directement les volumes disponibles \u00e0 la consommation. La production europ\u00e9enne de tomates fra\u00eeches devrait reculer de 6,41 millions de tonnes en 2024 \u00e0 6,1 millions de tonnes en 2028, soit un taux de contraction annuel de -1 %.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette tendance s\u2019explique par plusieurs facteurs structurels : hausse des co\u00fbts de production, contraintes environnementales accrues, et concurrence des pays tiers comme le Maroc ou la Turquie. En parall\u00e8le, la demande europ\u00e9enne reste soutenue, obligeant les march\u00e9s \u00e0 renforcer les importations pour compenser le repli de l\u2019offre locale.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le d\u00e9clin des surfaces emblav\u00e9es traduit une r\u00e9orientation strat\u00e9gique de la production vers des mod\u00e8les plus intensifs ou sp\u00e9cialis\u00e9s, mais aussi une pression croissante sur la rentabilit\u00e9 des exploitations<\/em>&nbsp;\u00bb, M. Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette situation, les pays exportateurs hors UE voient s\u2019ouvrir de nouvelles opportunit\u00e9s commerciales, notamment durant les p\u00e9riodes de hors-saison.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tomates : le Royaume-Uni d\u00e9pendant des importations, le Maroc se distingue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec une production nationale estim\u00e9e \u00e0 seulement 61 390 tonnes en 2024, le Royaume-Uni s\u2019appuie fortement sur les importations pour r\u00e9pondre \u00e0 une demande toujours soutenue. D\u2019ici 2028, la production locale devrait chuter \u00e0 53 400 tonnes, marquant un recul annuel de -3 %.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2024, le pays a import\u00e9 395 900 tonnes de tomates, pour une valeur totale de 801 millions de dollars, au prix moyen de 2,02 euros le kilo. Cette forte d\u00e9pendance positionne le Maroc comme l\u2019un des principaux fournisseurs, aux c\u00f4t\u00e9s des Pays-Bas et de l\u2019Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Pays-Bas dominent le march\u00e9 en valeur avec 38,6 % de part de march\u00e9, tandis que le Maroc occupe la deuxi\u00e8me place avec 27,1 %, suivi de l\u2019Espagne (21,8 %). Cette mont\u00e9e en puissance du Royaume ch\u00e9rifien s\u2019explique par sa capacit\u00e9 \u00e0 livrer hors saison et \u00e0 proposer une qualit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pr\u00e9f\u00e9rences des consommateurs britanniques influencent \u00e9galement le march\u00e9 : 70 % des tomates achet\u00e9es sont vendues en vrac, 30 % en grappes, et 14 % issues de l\u2019agriculture biologique, tandis que 23 % rel\u00e8vent de la classe premium.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le Royaume-Uni reste un march\u00e9 strat\u00e9gique pour les exportateurs, avec une segmentation forte de la demande et une d\u00e9pendance croissante aux approvisionnements \u00e9trangers&nbsp;<\/em>\u00bb, analyse M. Rougui.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"563\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11097\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-5.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-5-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Photo-5-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Agadir, la Morocco Tomato Conference, organis\u00e9e le 21 mai par Green Smile, a rassembl\u00e9 les principaux acteurs de la fili\u00e8re pour faire le point sur les grands enjeux du secteur. 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