{"id":11505,"date":"2025-07-17T18:28:39","date_gmt":"2025-07-17T17:28:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=11505"},"modified":"2025-07-18T08:41:05","modified_gmt":"2025-07-18T07:41:05","slug":"son-excellence-m-lamine-ouattara-ambassadeur-de-cote-divoire-au-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/foodmagazine.ma\/?p=11505","title":{"rendered":"Son Excellence M. Lamine Ouattara, Ambassadeur de C\u00f4te d\u2019Ivoire au Maroc"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"754\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/RAPPORT-1-ERE-EDITION-FIAMCI-5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11506\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/RAPPORT-1-ERE-EDITION-FIAMCI-5.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/RAPPORT-1-ERE-EDITION-FIAMCI-5-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/RAPPORT-1-ERE-EDITION-FIAMCI-5-768x579.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u00a0<em>Nous envisageons d\u2019organiser d\u00e8s 2026 le deuxi\u00e8me Forum de l\u2019Investissement Agro-Industriel Marocain en C\u00f4te d\u2019Ivoire pour structurer des partenariats durables<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le pavillon marocain au SARA 2025 a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu meilleur stand du Salon, une reconnaissance de l\u2019innovation et de la cr\u00e9ativit\u00e9 marocaines<\/em>. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans un contexte de renforcement des relations Sud\u2013Sud, la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Maroc \u0153uvrent \u00e0 b\u00e2tir un partenariat strat\u00e9gique dans les domaines agricole et agro-industriel. La participation du Royaume, en tant qu\u2019invit\u00e9 d\u2019honneur du Salon international de l\u2019Agriculture et des Ressources Animales (SARA 2025) qui s\u2019est tenu du 23 mai au 1<sup>er<\/sup>&nbsp;juin \u00e0 Abidjan, a marqu\u00e9 une \u00e9tape majeure, tant par la qualit\u00e9 des \u00e9changes que par les perspectives de coop\u00e9ration ouvertes entre les op\u00e9rateurs des deux pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet entretien exclusif, Son Excellence Monsieur Lamine Ouattara, Ambassadeur de la R\u00e9publique de C\u00f4te d\u2019Ivoire pr\u00e8s le Royaume du Maroc, revient sur les avanc\u00e9es bilat\u00e9rales en mati\u00e8re agricole, les fili\u00e8res \u00e0 fort potentiel, les projets conjoints en cours, ainsi que les principaux d\u00e9fis \u00e0 relever. Il esquisse \u00e9galement les priorit\u00e9s \u00e0 inscrire \u00e0 l\u2019agenda Ivoiro-marocain pour transformer cette dynamique en partenariat durable, structur\u00e9 et mutuellement b\u00e9n\u00e9fique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Excellence, comment \u00e9valuez-vous aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9volution des relations agricoles et agro-industrielles entre la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Royaume du Maroc ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agriculture est longtemps rest\u00e9e le secteur le moins dynamique dans les relations \u00e9conomiques entre nos deux pays, comparativement \u00e0 d\u2019autres domaines tels que les services (transport a\u00e9rien, banque, assurance, BTP\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par un renforcement notable des flux commerciaux agricoles, notamment dans les domaines des engrais, des semences am\u00e9lior\u00e9es et des \u00e9quipements agricoles. En 2023, la C\u00f4te d\u2019Ivoire a import\u00e9 45\u202f% de ses engrais du Maroc, faisant du Royaume son premier fournisseur dans ce secteur strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, la m\u00e9canisation agricole a connu une nette acc\u00e9l\u00e9ration, avec la participation d\u2019entreprises marocaines telles que Comicom et AgriEdge, impliqu\u00e9es dans des projets pilotes, notamment dans les zones rizicoles du Gb\u00eak\u00ea, du B\u00e9lier et du district de Yamoussoukro. Le gouvernement ivoirien, \u00e0 travers l\u2019ADERIZ, a mis en place un syst\u00e8me de location de machines agricoles (tracteurs, moissonneuses-batteuses) au profit des Petites et Moyennes Entreprises Agricoles (PMEA).<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re d\u2019exportation, la C\u00f4te d\u2019Ivoire a exp\u00e9di\u00e9 vers le Maroc, en 2023, pour 52 millions de dollars de marchandises, principalement du cacao, du caf\u00e9, de l\u2019ananas et du coton. Malgr\u00e9 cette progression, la balance commerciale reste structurellement d\u00e9ficitaire, les importations ivoiriennes depuis le Maroc s\u2019\u00e9levant \u00e0 494 millions de dollars, soit pr\u00e8s de dix fois plus que les exportations.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, les \u00e9changes entre nos deux pays sont soutenus et appel\u00e9s \u00e0 s\u2019intensifier. Le d\u00e9fi commun sera de cr\u00e9er les conditions optimales pour permettre \u00e0 nos acteurs agricoles et agro-industriels de nouer des partenariats compl\u00e9mentaires et mutuellement b\u00e9n\u00e9fiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels secteurs ou fili\u00e8res agricoles vous semblent aujourd\u2019hui les plus prometteurs pour intensifier cette coop\u00e9ration bilat\u00e9rale ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses fili\u00e8res sont prometteuses dans la dynamique des \u00e9changes entre la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Maroc. Toutefois, nous pouvons citer l\u2019horticulture,&nbsp;car la C\u00f4te d\u2019Ivoire dispose d\u2019un climat favorable \u00e0 la production de fleurs, de fruits tropicaux (ananas, mangue, papaye) et de l\u00e9gumes. Et le Maroc est un leader africain en production horticole sous serre, avec des techniques avanc\u00e9es d\u2019irrigation localis\u00e9e, et de contr\u00f4le climatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons citer aussi la transformation du cacao et de noix de Cajou, car la C\u00f4te d\u2019Ivoire transforme environ 35 % de sa production de cacao, avec 14 usines en activit\u00e9. Pour aller plus loin dans la transformation, le Maroc pourrait aider \u00e0 augmenter les financements, les technologies de seconde transformation (chocolat, p\u00e2te \u00e0 tartiner), et contribuer \u00e0 impl\u00e9menter les normes de qualit\u00e9. Il y a aussi le mara\u00eechage local (oignon, haricot vert, tomate\u2026), car la Cote d\u2019Ivoire doit r\u00e9duire ses importations de produits maraichers et le Maroc offre une vraie expertise en la mati\u00e8re, notamment les techniques d\u2019irrigation de pr\u00e9cision et les semences.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, nous pouvons citer l\u2019\u00e9levage animale et halieutique. Les d\u00e9ficits en viande et poisson de la C\u00f4te d\u2019ivoire sont encore importants (environ plus de 50%). Le Maroc, gr\u00e2ce \u00e0 son expertise en d\u00e9veloppement de fermes int\u00e9gr\u00e9es (alimentation, reproduction, transformation) \u00e9levage bovin, avicole et caprin pourrait aider \u00e0 combler ces d\u00e9ficits de production locale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Peut-on d\u00e9j\u00e0 identifier des projets conjoints ou des partenariats structurants entre op\u00e9rateurs marocains et ivoiriens dans le domaine agricole ou agroalimentaire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des projets de co-entreprises existent dans la transformation des fruits tropicaux. La soci\u00e9t\u00e9 MAPACI (Grand-Bassam) transforme des fruits tropicaux (ananas, mangue, banane plantain) en pur\u00e9es, jus, fruits d\u00e9shydrat\u00e9s et surgel\u00e9s. L\u2019entreprise exporte vers l\u2019Europe et collabore avec des partenaires marocains pour la logistique et la certification bio.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, des centres de recherche agronomique commencent \u00e0 collaborer sur des vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9silientes au climat. Le CNRA (Centre National de Recherche Agronomique de C\u00f4te d\u2019Ivoire) d\u00e9veloppe des vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9silientes au climat : riz, cacao, manioc, ma\u00efs, etc. A cet effet, un partenariat est en cours avec l\u2019INRA Maroc (Institut National de la Recherche Agronomique), notamment sur la s\u00e9lection de vari\u00e9t\u00e9s tol\u00e9rantes \u00e0 la s\u00e9cheresse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le domaine du financement agricole, beaucoup reste \u00e0 faire. Il faudrait renforcer les relations entre les coop\u00e9ratives et les entreprises agricoles et agro transformatrices afin de d\u00e9finir des cadres de financement adapt\u00e9s aux contextes locaux, afin d\u2019accroitre la qualit\u00e9 et la quantit\u00e9 des productions locales.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels freins ou d\u00e9fis restent \u00e0 surmonter pour une coop\u00e9ration plus fluide et int\u00e9gr\u00e9e entre les deux pays (infrastructures, logistique, financement, formation, r\u00e9glementation\u2026) ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs d\u00e9fis majeurs freinent encore l\u2019essor agricole dans la r\u00e9gion ouest-africaine et nord-africaine. La logistique, tout d\u2019abord, constitue un obstacle central : l\u2019insuffisance de liaisons maritimes r\u00e9gionales, le manque de coordination douani\u00e8re, ainsi que des co\u00fbts de transport \u00e9lev\u00e9 entravent la fluidit\u00e9 des \u00e9changes. Ensuite, le financement des PME agricoles reste limit\u00e9 : l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit, aux garanties et aux assurances adapt\u00e9es est faible, alors que ces acteurs forment le c\u0153ur de la production agricole.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019harmonisation r\u00e9glementaire, notamment en mati\u00e8re de normes phytosanitaires et de certification, est encore insuffisante, ce qui freine les exportations r\u00e9gionales.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient aussi de souligner que la formation technique des jeunes agriculteurs demeure un enjeu central : trop peu de fili\u00e8res professionnalisantes permettent aujourd\u2019hui de r\u00e9pondre aux besoins de modernisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la m\u00e9canisation et l\u2019am\u00e9lioration de la productivit\u00e9 sont des d\u00e9fis cl\u00e9s. Il faut accro\u00eetre l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9quipements, renforcer leur maintenance et diffuser les bonnes pratiques techniques pour faire \u00e9voluer durablement les rendements.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles sont les principales mesures mises en place par la C\u00f4te d\u2019Ivoire pour attirer les investissements agricoles, notamment en direction des op\u00e9rateurs marocains ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a d\u2019abord le deuxi\u00e8me Plan National d\u2019Investissement Agricole (PNIA 2), d\u2019un montant global d\u2019environ 12\u202f000 milliards de francs CFA, soit 204 milliards de dirhams marocains. Sur ce total, 35\u202f% proviennent de l\u2019\u00c9tat, soit 4\u202f166 milliards de francs CFA, \u00e9quivalents \u00e0 pr\u00e8s de 70,8 milliards de dirhams.<\/p>\n\n\n\n<p>Notons \u00e9galement les incitations fiscales pr\u00e9vues pour les soci\u00e9t\u00e9s agricoles, notamment dans les zones industrielles et au sein des neuf agropoles r\u00e9partis sur l\u2019ensemble du territoire national \u00e0 l\u2019horizon 2030, toujours dans le cadre du PNIA 2.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le guichet unique pour les investisseurs, op\u00e9r\u00e9 par le Centre de Promotion des Investissements en C\u00f4te d\u2019Ivoire (CEPICI), constitue un m\u00e9canisme cl\u00e9 dont peuvent b\u00e9n\u00e9ficier les op\u00e9rateurs marocains.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, des accords bilat\u00e9raux sont en discussion afin de faciliter l\u2019acc\u00e8s au foncier, dans une logique de coop\u00e9ration \u00e9conomique renforc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc a remport\u00e9 le prix du meilleur stand lors de cette \u00e9dition. Que retenez-vous de la pr\u00e9sence marocaine et de l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle a suscit\u00e9 aupr\u00e8s des autorit\u00e9s et visiteurs ivoiriens ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce prix est une reconnaissance de l\u2019innovation et de la cr\u00e9ativit\u00e9 marocaines. L\u2019esth\u00e9tique et l\u2019interactivit\u00e9 du stand ont d\u2019abord retenu l\u2019attention du public et des professionnels.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, la diversit\u00e9 des entreprises pr\u00e9sentes, et la qualit\u00e9 des produits expos\u00e9s ont marqu\u00e9 les esprits. En effet le Maroc a pr\u00e9sent\u00e9 tous les fleurons de la fili\u00e8re et de la chaine de valeur agricole \u00e0 travers les entreprises de semences (Mass SEED), engrais (OCP), d\u2019irrigation (CMGP.CAS), de m\u00e9canisation agricole (Comicom et AgriEdge), et de transformation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels m\u00e9canismes ou initiatives envisagez-vous pour p\u00e9renniser cette dynamique et transformer les contacts \u00e9tablis pendant le SARA en partenariats durables ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous maintiendrons nos efforts en faveur d\u2019un suivi constructif et bienveillant des partenariats et contrats d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablis entre les acteurs \u00e9conomiques marocains et ivoiriens, afin d\u2019en garantir l\u2019effectivit\u00e9 sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous para\u00eet \u00e9galement essentiel de mobiliser et d\u2019informer les op\u00e9rateurs ivoiriens d\u00e9sireux de se rendre au Maroc \u00e0 l\u2019occasion de la Coupe d\u2019Afrique des Nations 2025. Nous \u0153uvrerons \u00e0 les mettre en relation avec leurs homologues marocains, afin que cet \u00e9v\u00e9nement soit une r\u00e9ussite partag\u00e9e, \u00e0 la fois sportive, humaine et \u00e9conomiquement porteuse pour nos deux pays fr\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette dynamique, nous envisageons de co-organiser avec le Conseil Agricole ivoirien au Maroc (CAIM), la chambre d\u2019agriculture de Cote d\u2019Ivoire et la CGEM Rabat-Sal\u00e9-K\u00e9nitra, d\u00e8s 2026, la deuxi\u00e8me \u00e9dition du Forum de l\u2019Investissement agroindustriel Marocain en C\u00f4te d\u2019Ivoire (FIAM-CI), dans le but de renforcer durablement les synergies bilat\u00e9rales \u00e0 travers des projets structurants.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, dans le prolongement des dynamiques \u00e9conomiques enclench\u00e9es, nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 accueillir, au sein de l\u2019Ambassade, une d\u00e9l\u00e9gation consulaire d\u00e9di\u00e9e au secteur agricole, qui aura pour mission de mieux structurer la coop\u00e9ration agricole entre nos deux pays, notamment \u00e0 travers des m\u00e9canismes innovants d\u2019investissement et de mise en relation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La cr\u00e9ation de la Bourse des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles en C\u00f4te d\u2019Ivoire est une premi\u00e8re en Afrique de l\u2019Ouest. Quels sont les objectifs prioritaires de ce nouvel outil ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re Bourse des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles en C\u00f4te d\u2019Ivoire constitue \u00e0 la fois un symbole de fiert\u00e9 nationale et une n\u00e9cessit\u00e9 op\u00e9rationnelle et strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle repr\u00e9sente d\u2019abord un signal fort sur les plans g\u00e9opolitique et g\u00e9o\u00e9conomique : voir \u00e9merger une telle institution dans un pays d\u2019Afrique subsaharienne, grand producteur agricole mais longtemps marginalis\u00e9 dans l\u2019ordre international des mati\u00e8res premi\u00e8res, marque une avanc\u00e9e historique.<\/p>\n\n\n\n<p>Techniquement, cette Bourse vise avant tout \u00e0 assurer la transparence des prix, en luttant efficacement contre les sp\u00e9culations arbitraires qui affectent les produits agricoles.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle permettra \u00e9galement d\u2019attirer les investisseurs et de mettre \u00e0 disposition des donn\u00e9es fiables, indispensables \u00e0 la structuration durable des fili\u00e8res agricoles, tout en cr\u00e9ant un environnement de confiance et de cr\u00e9dibilit\u00e9 institutionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, elle constitue un levier de modernisation du march\u00e9 agricole ivoirien, en favorisant la standardisation des produits, la tra\u00e7abilit\u00e9 et la certification de qualit\u00e9, autant de conditions essentielles pour un ancrage solide dans les cha\u00eenes de valeur locale, r\u00e9gionale et internationale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels impacts pour les producteurs locaux&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La mise en place d\u2019une Bourse des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles permettra aux producteurs, coop\u00e9ratives et organisations paysannes de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un cadre s\u00e9curis\u00e9, transparent et institutionnalis\u00e9 pour \u00e9couler leurs r\u00e9coltes.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une part, les producteurs auront acc\u00e8s \u00e0 des cotations officielles, r\u00e9guli\u00e8rement mises \u00e0 jour, ce qui r\u00e9duira les in\u00e9galit\u00e9s de n\u00e9gociation. Ils \u00e9viteront ainsi de vendre \u00e0 perte lors de surproductions saisonni\u00e8res ou face \u00e0 des sp\u00e9culateurs. Cela leur offrira la possibilit\u00e9 d\u2019anticiper leurs revenus et de planifier leurs investissements (semences, \u00e9quipements, stockage\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, la Bourse constituera une alternative cr\u00e9dible aux circuits informels, en renfor\u00e7ant la r\u00e9gulation et la tra\u00e7abilit\u00e9 des flux commerciaux. Elle contribuera ainsi \u00e0 am\u00e9liorer la protection \u00e9conomique des petits producteurs, en r\u00e9duisant leur exposition \u00e0 l\u2019arbitraire ou \u00e0 l\u2019usure, et participera au rehaussement de leur niveau de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la Bourse facilitera la contractualisation formelle entre producteurs (paysans, coop\u00e9ratives, etc.) et acheteurs (industries agroalimentaires, importateurs), \u00e0 travers la signature de contrats d\u2019achat \u00e0 terme, favorisant une commercialisation plus stable, pr\u00e9visible et \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pensez-vous que cette Bourse pourrait \u00e0 terme jouer un r\u00f4le d\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale en s\u2019ouvrant \u00e0 d\u2019autres pays producteurs ou consommateurs d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et du Nord ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Bourse des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles en C\u00f4te d\u2019Ivoire peut jouer un r\u00f4le structurant, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest comme du Nord, \u00e0 l\u2019instar de la Bourse r\u00e9gionale des valeurs mobili\u00e8res d\u2019Abidjan (BRVM).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, elle permettra d\u2019harmoniser les march\u00e9s agricoles en \u00e9tablissant des cotations partag\u00e9es sur des produits strat\u00e9giques (cajou, ma\u00efs, cola, dattes, c\u00e9r\u00e9ales\u2026). Elle facilitera \u00e9galement la d\u00e9finition de normes de qualit\u00e9 et de certifications communes, afin d\u2019all\u00e9ger les barri\u00e8res non tarifaires et d\u2019encourager les \u00e9changes transfrontaliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, elle contribuera au renforcement des \u00e9changes intra-africains, en fluidifiant les flux commerciaux entre les pays sah\u00e9liens, c\u00f4tiers et maghr\u00e9bins. Elle soutiendra la compl\u00e9mentarit\u00e9 des productions \u2014 par exemple, le Maroc en tant que fournisseur d\u2019intrants et de technologies agricoles, et la C\u00f4te d\u2019Ivoire ou le Mali comme pourvoyeurs de mati\u00e8res premi\u00e8res. Cela permettra de r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux march\u00e9s ext\u00e9rieurs, en cr\u00e9ant une demande r\u00e9gionale structur\u00e9e et int\u00e9gr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, cette Bourse pourra devenir un outil diplomatique de premier plan, en s\u2019inscrivant dans les cadres de la ZLECAf, de la CEDEAO, ou encore d\u2019accords bilat\u00e9raux tels que Maroc\u2013UEMOA. Elle favorisera l\u2019\u00e9mergence d\u2019une gouvernance agricole r\u00e9gionale partag\u00e9e, avec des m\u00e9canismes coordonn\u00e9s de r\u00e9gulation, financement et veille strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles sont, selon vous, les grandes priorit\u00e9s \u00e0 inscrire \u00e0 l\u2019agenda bilat\u00e9ral entre la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Maroc pour renforcer durablement leur partenariat agricole et agro-industriel dans les ann\u00e9es \u00e0 venir ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans une logique de consolidation du partenariat Sud\u2013Sud, la coop\u00e9ration agricole entre la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Maroc pourrait s\u2019appuyer sur plusieurs axes structurants.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agira tout d\u2019abord de d\u00e9velopper la recherche et l\u2019innovation agricoles conjointes, en mettant en r\u00e9seau les centres de recherche, laboratoires et universit\u00e9s des deux pays. Un programme d\u2019\u00e9changes universitaires et professionnels viendrait renforcer les capacit\u00e9s humaines dans les fili\u00e8res strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019harmonisation des normes phytosanitaires appara\u00eetra essentielle pour faciliter la circulation des produits agricoles et garantir leur s\u00e9curit\u00e9 sanitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>La mutualisation des infrastructures logistiques (entrep\u00f4ts, zones de stockage, plateformes de distribution) et des moyens de transport (ports, liaisons maritimes, lignes a\u00e9riennes) contribuera \u00e0 fluidifier les \u00e9changes et accro\u00eetre les volumes commerciaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la cr\u00e9ation d\u2019une plateforme num\u00e9rique bilat\u00e9rale permettra de connecter les investisseurs, start-ups, coop\u00e9ratives et institutions, autour d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me agricole int\u00e9gr\u00e9, dynamique et comp\u00e9titif.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#e9e9e9\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>Questions pos\u00e9es \u00e0 Daniel N\u2019GUESSAN, directeur g\u00e9n\u00e9ral du Conseil Agricole Ivoirien au Maroc (CAIM)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel bilan tirez-vous de la participation marocaine au SARA 2025 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le pavillon marocain a d\u00e9montr\u00e9 le s\u00e9rieux et la richesse de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me agricole du Royaume. En effet, le pavillon marocain a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu meilleur stand du Salon International de l\u2019Agriculture et des Ressources Animales (SARA 2025), tenu du 23 mai au 1<sup>er&nbsp;<\/sup>juin \u00e0 Abidjan. Il a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 sous la banni\u00e8re de Morocco Foodex, mettant en avant la diversit\u00e9 de l\u2019offre exportable marocaine :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Des solutions d\u2019irrigation intelligente&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>Des produits agroalimentaires transform\u00e9s&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>Des technologies de m\u00e9canisation agricole&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>Des semences, etc.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Logiquement, cette pr\u00e9sence imposante du Maroc a attir\u00e9 l\u2019attention des d\u00e9cideurs ivoiriens comme le Ministre de l\u2019Agriculture KOBENAN Kouassi Adjoumani et celui de la Justice Sansan KAMBILE, et a favoris\u00e9 une dynamique de dialogue structurant.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles retomb\u00e9es concr\u00e8tes de cette \u00e9dition, notamment en mati\u00e8re de partenariats avec les acteurs marocains ou d&#8217;autres d\u00e9l\u00e9gations africaines ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019importants montants en termes d\u2019intentions d\u2019investissements ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. En effet, ce sont pr\u00e8s de 406 milliards de francs CFA, soit environ 6,9 milliards de dirhams marocains, de contrats et partenariats qui ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s pendant le salon. Les domaines couverts sont :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 L\u2019Irrigation goutte-\u00e0-goutte : accords entre des entreprises marocaines (comme CMGP.CAS) et des coop\u00e9ratives ivoiriennes pour \u00e9quiper des p\u00e9rim\u00e8tres mara\u00eechers dans les agropoles du Nord et du B\u00e9lier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Les semences certifi\u00e9es : MAS Seeds et Vilmorin-Mikado ont sign\u00e9 des conventions avec des distributeurs ivoiriens pour introduire des vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9silientes au stress hydrique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 La formation technique : des centres de formation agricole ont nou\u00e9 des partenariats avec des instituts marocains et fran\u00e7ais pour renforcer les comp\u00e9tences en agriculture de pr\u00e9cision et irrigation durable.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres retomb\u00e9es notables sont \u00e0 relever. D\u2019abord la hausse de la fr\u00e9quentation du Salon avec plus de 414 000 visiteurs (+3,7 % par rapport \u00e0 2023). Le SARA devient de plus en plus populaire et permet de d\u00e9mocratiser et de vulgariser le secteur agricole, aupr\u00e8s du plus grand nombre.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses activit\u00e9s interactives y ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es avec plus de 105 panels et ateliers organis\u00e9s (+31 %), et une forte participation des jeunes et des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs centaines de mat\u00e9riel agricole (tracteurs, motoculteurs) distribu\u00e9s aux grandes coop\u00e9ratives par le gouvernement ivoirien pour soutenir la m\u00e9canisation post-SARA, avec l\u2019aide des entreprises partenaires comme Comicom (Maroc) et CFAO Equipment.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Nous envisageons d\u2019organiser d\u00e8s 2026 le deuxi\u00e8me Forum de l\u2019Investissement Agro-Industriel Marocain en C\u00f4te d\u2019Ivoire pour structurer des partenariats durables\u00a0\u00bb \u00ab&nbsp;Le pavillon marocain au SARA 2025 a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu meilleur stand du Salon, une reconnaissance de l\u2019innovation et de la cr\u00e9ativit\u00e9 marocaines. \u00bb Dans un contexte de renforcement des relations Sud\u2013Sud, la C\u00f4te d\u2019Ivoire et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11506,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[23],"tags":[],"class_list":["post-11505","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-interview"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11505","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11505"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11505\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11514,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11505\/revisions\/11514"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11506"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11505"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11505"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11505"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}