{"id":12133,"date":"2025-10-27T16:52:38","date_gmt":"2025-10-27T15:52:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=12133"},"modified":"2025-11-03T08:58:48","modified_gmt":"2025-11-03T07:58:48","slug":"interview-prof-lamiae-ghaouti-directrice-de-linra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/foodmagazine.ma\/?p=12133","title":{"rendered":"Interview Prof. Lamiae Ghaouti, Directrice de l\u2019INRA"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab La souverainet\u00e9 semenci\u00e8re est au c\u0153ur de la souverainet\u00e9 alimentaire. Notre objectif est d\u2019augmenter l\u2019utilisation des semences certifi\u00e9es \u00e0 40 % d\u2019ici 2030, avec une contribution de 50 % de la semence nationale. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab L\u2019INRA a lanc\u00e9 le projet du Centre National des Ressources G\u00e9n\u00e9tiques, dont l\u2019ouverture est pr\u00e9vue en 2026. Ce centre assurera la conservation, la s\u00e9curisation et la valorisation des ressources v\u00e9g\u00e9tales, animales et microbiennes. Il deviendra un p\u00f4le d\u2019excellence scientifique et d\u2019innovation au service de la durabilit\u00e9 agricole. \u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Souverainet\u00e9 semenci\u00e8re, vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9silientes, irrigation de pr\u00e9cision : la comp\u00e9titivit\u00e9 agricole marocaine se joue d\u00e9sormais autant dans les laboratoires que dans les champs. \u00c0 la t\u00eate de l\u2019INRA, le Pr Lamiae Ghaouti pilote les chantiers Recherche-D\u00e9veloppement-Innovation, allant de la modernisation de la banque nationale de g\u00e8nes au d\u00e9ploiement de kits d\u2019humidit\u00e9 du sol \u00e0 faible co\u00fbt, en passant par la cr\u00e9ation vari\u00e9tale adapt\u00e9e aux stress climatiques. Dans cet entretien, elle identifie les leviers pour produire mieux avec moins d\u2019eau, renforcer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et consolider la souverainet\u00e9 des fili\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment percevez-vous la situation de l\u2019agriculture dans le monde et au Maroc dans le contexte \u00e9conomique, environnemental et climatique actuel de votre point de vue scientifique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agriculture mondiale et marocaine subit de fortes pressions \u00e9conomiques, environnementales et climatiques. Le changement climatique intensifie ces contraintes : la temp\u00e9rature moyenne au Maroc a augment\u00e9 d\u2019environ 1,2 \u00b0C depuis les ann\u00e9es 1960, et pourrait atteindre +2 \u00b0C \u00e0 +3 \u00b0C d\u2019ici 2050 selon les donn\u00e9es du GIEC. Les pr\u00e9cipitations enregistrent une baisse de 10 \u00e0 20 %, tandis que la fr\u00e9quence des s\u00e9cheresses s\u00e9v\u00e8res a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par trois en trente ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume d\u2019eau disponible par habitant, limit\u00e9 \u00e0 620 m\u00b3\/an, place le pays en situation de stress hydrique \u00e9lev\u00e9. Le taux de remplissage des barrages est pass\u00e9 de 61,1 % \u00e0 29,1 % entre 2018 et 2023. Des rapports scientifiques indiquent que le co\u00fbt de la d\u00e9gradation environnementale est estim\u00e9 \u00e0 32,5 milliards DH, soit 3,52 % du PIB, et qu\u2019environ 40 % du territoire est touch\u00e9 par l\u2019\u00e9rosion des sols, atteignant plus de 2 000 t\/km\u00b2\/an dans certaines zones du Rif&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La guerre en Ukraine et la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e ont amplifi\u00e9 la volatilit\u00e9 des march\u00e9s agricoles et \u00e9nerg\u00e9tiques, provoquant une hausse des prix du bl\u00e9, du carburant (jusqu\u2019\u00e0 14 DH\/litre contre 9 avant Covid-19) et de l\u2019huile d\u2019olive (jusqu\u2019\u00e0 120 DH\/litre), accentuant la vuln\u00e9rabilit\u00e9 alimentaire et \u00e9nerg\u00e9tique du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI a trac\u00e9 une vision strat\u00e9gique durable \u00e0 travers le Plan Maroc Vert et la strat\u00e9gie G\u00e9n\u00e9ration Green 2020-2030, et a plac\u00e9 l\u2019agriculture au c\u0153ur de la souverainet\u00e9 alimentaire, de la justice territoriale et de la transition vers des mod\u00e8les productifs r\u00e9silients et inclusifs.<\/p>\n\n\n\n<p>La feuille de route \u201cRecherche-D\u00e9veloppement-Innovation\u201d (RDI) dans le cadre de la G\u00e9n\u00e9ration Green constitue l\u2019outil de mise en \u0153uvre scientifique de cette vision. L\u2019INRA, institution nationale de r\u00e9f\u00e9rence, pilote cet effort en mobilisant ses plateformes exp\u00e9rimentales, centres r\u00e9gionaux et partenariats pour g\u00e9n\u00e9rer des solutions adapt\u00e9es aux territoires, valoriser la ressource en eau, pr\u00e9server les \u00e9cosyst\u00e8mes et renforcer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du pays. Aujourd\u2019hui la complexit\u00e9 de l\u2019\u00e9quation de la productivit\u00e9 agricole \u00e9mane de l\u2019int\u00e9gration de la composante de la r\u00e9silience et de la durabilit\u00e9 \u00e9conomique, environnementale et sociale. Elle suppose donc une transformation des syst\u00e8mes agricoles et alimentaires o\u00f9 la RD-I est le facteur cl\u00e9 de la r\u00e9ussite de cette transformation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les grands axes de recherche et d\u00e9veloppement identifi\u00e9s et lesquels sont aujourd\u2019hui prioritaires pour l\u2019INRA pour accompagner l\u2019agriculture et l\u2019agro-alimentaire marocains face au changement climatique et \u00e0 la rar\u00e9faction de l\u2019eau ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face aux d\u00e9fis du changement climatique, de la rar\u00e9faction des ressources naturelles et de l\u2019\u00e9volution rapide des technologies et des march\u00e9s, l\u2019INRA oriente actuellement sa recherche vers une agriculture plus r\u00e9siliente, durable et innovante, en phase avec la strat\u00e9gie nationale \u00ab G\u00e9n\u00e9ration Green 2020-2030 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour relever ces d\u00e9fis, l\u2019INRA a lanc\u00e9 un ensemble de Programmes de Recherche \u00e0 Moyen Terme (PRMT) dynamiques et \u00e9volutifs sur une dur\u00e9e de trois \u00e0 quatre ann\u00e9es. Le PRMT 2025-2028 a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 travers des ateliers r\u00e9gionaux impliquant nos partenaires et consolidant les acquis des r\u00e9sultats de recherche des programmes pr\u00e9c\u00e9dents. Ce nouveau PRMT est bas\u00e9 sur quinze programmes qui adressent des th\u00e9matiques transversales et horizontales et qui sont organis\u00e9s en cinq p\u00f4le distincts hi\u00e9rarchis\u00e9s et interconnect\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Conservation des ressources g\u00e9n\u00e9tiques\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>D\u00e9veloppement des fili\u00e8res strat\u00e9giques\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>Qualit\u00e9 et Valorisation\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>Transformation des syst\u00e8mes de production durables incluant les agricultures alternatives : Agriculture de conservation, biologique, agro-\u00e9cologie et agriculture digitale.\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>Diffusion et transfert des innovations. La finalit\u00e9 est de mettre la recherche au service d\u2019une agriculture marocaine durable, comp\u00e9titive et adapt\u00e9e aux changements globaux.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Les trois premiers p\u00f4les concernent les cha\u00eenes de valeur de l\u2019amont \u00e0 l\u2019aval et les deux derniers sont transverses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles innovations concr\u00e8tes, issues de vos laboratoires ou stations exp\u00e9rimentales, ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es vers les agriculteurs et les industriels ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA a d\u00e9velopp\u00e9 et transf\u00e9r\u00e9 plusieurs innovations concr\u00e8tes notamment concernant :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; La conservation des ressources g\u00e9n\u00e9tiques&nbsp;:&nbsp;<\/strong>l\u2019INRA a cr\u00e9\u00e9 en 2003 une banque de g\u00e8nes v\u00e9g\u00e9tale au Centre de Settat, qui abrite actuellement plus de 76 000 accessions atteignant ainsi sa capacit\u00e9 limite. Face \u00e0 cette situation, l\u2019INRA a lanc\u00e9 en 2020 le projet du Centre National des Ressources G\u00e9n\u00e9tiques (CNRG) dont l\u2019ouverture est pr\u00e9vue en 2026.&nbsp;Ce centre assurera la conservation, la s\u00e9curisation et la valorisation des ressources v\u00e9g\u00e9tales, animales et microbiennes. Il pilotera un programme national ax\u00e9 sur la collecte, la caract\u00e9risation, le pr\u00e9-breeding et le s\u00e9quen\u00e7age des g\u00e9nomes, au service de la durabilit\u00e9 agricole.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Le d\u00e9veloppement de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s<\/strong>&nbsp;: Le portefeuille de l\u2019INRA compte plus de 380 vari\u00e9t\u00e9s. De nouvelles vari\u00e9t\u00e9s sont r\u00e9guli\u00e8rement inscrites et leur diffusion aux agriculteurs est essentielle pour permettre l\u2019exploitation du gain g\u00e9n\u00e9tique et l\u2019am\u00e9lioration de leurs performances. Depuis 2020, l\u2019INRA a inscrit 26 vari\u00e9t\u00e9s toutes esp\u00e8ces confondues, avec pour objectif d\u2019atteindre 50 vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 l\u2019horizon 2030. Ces vari\u00e9t\u00e9s allient r\u00e9silience, productivit\u00e9 et qualit\u00e9 technologique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Exemple de succ\u00e8s, les vari\u00e9t\u00e9s Menara et Haouzia dans la fili\u00e8re olivier, comptent plus de 2 millions de pieds plant\u00e9s. En agrumiculture, c\u2019est la NadorCott, d\u00e9velopp\u00e9e par l\u2019INRA, qui a act\u00e9 son succ\u00e8s aussi bien \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale qu\u2019internationale. C\u2019est le premier agrume en termes d\u2019exportation du Maroc. Pour la fili\u00e8re cactus, l\u2019INRA a enregistr\u00e9 la cr\u00e9ation vari\u00e9tale de huit vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes \u00e0 la cochenille.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Les pratiques agricoles durables :<\/strong>&nbsp;C\u2019est notamment la diffusion des recommandations en agroforesterie, semis direct, rotation des cultures, fertilisation raisonn\u00e9e, gestion int\u00e9gr\u00e9e des sols ainsi que l\u2019irrigation et la gestion des stress biotiques et abiotiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; La plateforme FertiMap :<\/strong>&nbsp;Elle constitue un outil majeur dans la cartographie de la fertilit\u00e9 des sols cultiv\u00e9s au Maroc. Cet outil, lanc\u00e9 \u00e0 partir d\u2019analyses couvrant environ 7,8 millions d\u2019hectares de terres agricoles, est disponible en ligne depuis 2015. FertiMap propose des recommandations de fertilisation localis\u00e9es, adapt\u00e9es aux r\u00e9gions et aux principales cultures. Elle permet une gestion raisonn\u00e9e des intrants, et contribue \u00e0 la performance agronomique et \u00e0 la protection de l\u2019environnement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Les solutions pour la sant\u00e9 des cultures :&nbsp;<\/strong>L\u2019institut a men\u00e9 des travaux de prospection, de diagnostic et de caract\u00e9risation des principaux ennemis des cultures, couvrant les fili\u00e8res de l\u2019arboriculture (agrumes, palmier dattier, olivier, grenadier, caroubier, arganier, pommier, poirier, avocatier, cactus), des grandes cultures (c\u00e9r\u00e9ales, l\u00e9gumineuses alimentaires, riz, betterave \u00e0 sucre) et des cultures mara\u00eech\u00e8res (fruits rouges et l\u00e9gumes divers).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces recherches ont abouti \u00e0 la mise au point de m\u00e9thodes de lutte int\u00e9gr\u00e9e et de gestion \u00e9co-biologique, bas\u00e9es sur l\u2019utilisation d\u2019ennemis naturels, de biopesticides ou d\u2019extraits de plantes m\u00e9dicinales. L\u2019objectif est de r\u00e9duire l\u2019usage excessif des produits chimiques et d\u2019assurer une protection efficace contre les maladies cryptogamiques, les ravageurs, et les affections des cultures en post-r\u00e9colte et des c\u00e9r\u00e9ales-l\u00e9gumineuses au stockage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans quelle mesure la recherche scientifique peut-elle contribuer \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance du Maroc vis-\u00e0-vis des importations de semences, de c\u00e9r\u00e9ales ou d\u2019intrants strat\u00e9giques ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re semenci\u00e8re dans la strat\u00e9gie G\u00e9n\u00e9ration Green est une priorit\u00e9 car la souverainet\u00e9 semenci\u00e8re et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en sont tributaires. L\u2019objectif est d\u2019augmenter le taux d\u2019utilisation des semences certifi\u00e9s \u00e0 environ 40% vers 2030 avec une contribution de 50 % de la semence nationale. Cette am\u00e9lioration passe par l\u2019enrichissement et le renouvellement du profil vari\u00e9tal, par la cr\u00e9ation et l\u2019introduction d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9tique adapt\u00e9e aux conditions agro\u00e9cologiques marocaines, par la s\u00e9curisation des disponibilit\u00e9s en semences certifi\u00e9es (priorit\u00e9 aux programmes de multiplication dans les zones irrigu\u00e9es). La superficie actuelle pour la production des semences au niveau national est estim\u00e9e \u00e0 environ 55 000 ha.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc produit annuellement environ 1,5 millions de quintaux de semences certifi\u00e9es ce qui ne permet d\u2019emblaver qu\u2019uniquement 20% de la superficie en c\u00e9r\u00e9ales et moins de 9% en superficie des l\u00e9gumineuses alimentaires. La strat\u00e9gie \u00ab G\u00e9n\u00e9ration Green \u00bb pr\u00e9voit d\u2019augmenter l\u2019utilisation des semences certifi\u00e9es \u00e0 40% d\u2019ici 2030 ce qui va n\u00e9cessiter une production de plus de 3 millions de quintaux en semences certifi\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce sens, l\u2019INRA compte augmenter sa production 2027 pour atteindre une couverture du march\u00e9 national de pr\u00e8s de 50%.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette perspective que l\u2019INRA a entam\u00e9 un programme ambitieux de multiplication des semences depuis la campagne 2020-2021 pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande des soci\u00e9t\u00e9s semenci\u00e8res en semence de pr\u00e9base (G1 et G2). Plus de 80 ha de multiplication des semences a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e pour l\u2019ann\u00e9e 2024-2025 avec un portefolio vari\u00e9tal diversifi\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les principales missions du nouveau programme multiplication des semences \u00e0 l\u2019INRA incluent :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La multiplication de semences de pr\u00e9base et de base;<\/li>\n\n\n\n<li>La collaboration avec des partenaires publics et priv\u00e9s pour la promotion des nouvelles vari\u00e9t\u00e9s et l\u2019incitation \u00e0 l\u2019utilisation des semences certifi\u00e9es ;<\/li>\n\n\n\n<li>La formation et l&#8217;encadrement des agriculteurs sur les bonnes pratiques de production et d&#8217;utilisation des semences.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019optique de r\u00e9aliser ces objectifs, l\u2019INRA collabore \u00e9troitement avec les partenaires cl\u00e9s dont la SONACOS, l\u2019ONSSA et la FNIS. La signature d\u2019une convention tripartite entre l&#8217;INRA, la SONACOS et la FNIS constitue une \u00e9tape cl\u00e9 dans la collaboration et la mise en place de plans d\u2019action d\u00e9finis.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la SONACOS, il s\u2019agit d\u2019harmoniser et de conjuguer les efforts pour l\u2019\u00e9valuation des vari\u00e9t\u00e9s et la mise en place d\u2019un plan d\u2019action de multiplication des vari\u00e9t\u00e9s INRA sur les cinq prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019ONSSA, il s\u2019agit d\u2019\u00e9tablir et de faciliter les proc\u00e9dures et l\u2019int\u00e9gration de nouvelles approches scientifiques dans les \u00e9valuations vari\u00e9tales, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la mise \u00e0 disposition de vari\u00e9t\u00e9s performantes adapt\u00e9es aux enjeux climatiques et agronomiques du pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment l\u2019INRA accompagne-t-il, en pratique, les producteurs marocains dans l\u2019adaptation aux nouvelles r\u00e9glementations europ\u00e9ennes (Green Deal, limites de r\u00e9sidus, tra\u00e7abilit\u00e9) ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait tout d\u2019abord diff\u00e9rencier le r\u00f4le de l\u2019INRA en tant qu\u2019institution de RD-I de celui de l\u2019ONSSA qui veille au respect de la l\u00e9gislation en mati\u00e8re de qualit\u00e9 sanitaire des aliments. Il convient \u00e9galement de mentionner Morocco Foodex qui accompagne les groupes exportateurs dans leurs obligations d\u2019adaptation aux r\u00e8glements des march\u00e9s de destination.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA pour sa part \u0153uvre au d\u00e9veloppement des solutions pour limiter l\u2019usage des pesticides en proposant des strat\u00e9gies de lutte int\u00e9gr\u00e9e contre les maladies et ravageurs et pour limiter l\u2019usage des herbicides comme les m\u00e9thodes d\u2019alertes pr\u00e9coces, l\u2019usage de produits bio, le d\u00e9veloppement des insectes auxiliaires en les identifiant et les multipliant dans nos insectariums, le d\u00e9veloppement de m\u00e9thodes culturales, le d\u00e9veloppement de vari\u00e9t\u00e9s (et\/ ou portes greffes) r\u00e9sistantes aux maladies et ravageurs &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment les producteurs agricoles peuvent-ils interagir avec vos services&nbsp;? quels sont les canaux de communication mis en place pour faciliter la remont\u00e9e d\u2019information&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour mieux couvrir le territoire agricole marocain, l&#8217;INRA s&#8217;appuie sur dix centres r\u00e9gionaux qui travaillent en synergie avec les acteurs locaux. Ces centres collaborent au quotidien avec les directions r\u00e9gionales de l&#8217;agriculture, les organisations professionnelles et la soci\u00e9t\u00e9 civile pour faire avancer l&#8217;agriculture dans chaque r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;Institut participe activement aux d\u00e9bats r\u00e9gionaux sur le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et environnemental, et se fait conna\u00eetre du grand public gr\u00e2ce \u00e0 ses publications r\u00e9guli\u00e8res et ses \u00e9v\u00e9nements sur le terrain comme les portes ouvertes et les salons.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand il s&#8217;agit de partager ses d\u00e9couvertes, l&#8217;INRA choisit des mots simples et des supports accessibles \u00e0 tous : des fiches pratiques, des vid\u00e9os explicatives, des infographies&#8230; Le tout largement diffus\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux. Cette approche donne souvent lieu \u00e0 des demandes concr\u00e8tes de formations, preuve que leur travail trouve un \u00e9cho r\u00e9el chez les agriculteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le terrain, les \u00e9quipes de l&#8217;INRA tissent des liens pr\u00e9cieux avec les acteurs locaux. Elles identifient les difficult\u00e9s, testent des solutions et cr\u00e9ent des ponts entre la recherche et les besoins des agriculteurs. L&#8217;id\u00e9e est simple : associer les concern\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but, depuis l&#8217;identification des probl\u00e8mes jusqu&#8217;\u00e0 la mise en \u0153uvre des solutions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plateformes d&#8217;innovation sont devenues des lieux de rencontre essentiels o\u00f9 chercheurs et agriculteurs unissent leurs savoirs. Ensemble, ils analysent les situations, imaginent des r\u00e9ponses adapt\u00e9es et \u00e9valuent les nouvelles technologies.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;INRA organise aussi r\u00e9guli\u00e8rement des d\u00e9monstrations pour tester en conditions r\u00e9elles des solutions prometteuses. Qu&#8217;elles aient lieu dans ses domaines exp\u00e9rimentaux ou directement chez les agriculteurs, ces d\u00e9monstrations permettent de v\u00e9rifier l&#8217;efficacit\u00e9 des innovations, particuli\u00e8rement pour les nouvelles semences.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque ann\u00e9e, pr\u00e8s d&#8217;un millier de partenaires se retrouvent lors de ces journ\u00e9es de d\u00e9monstration. Ces moments d&#8217;\u00e9change nourrissent le dialogue entre la recherche et le monde agricole, rapprochant un peu plus la science du terrain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles recherches sont actuellement men\u00e9es pour promouvoir une agriculture plus durable (r\u00e9duction de l\u2019usage des pesticides, optimisation de l\u2019irrigation, nouvelles vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes) ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA m\u00e8ne actuellement plusieurs programmes de recherche visant \u00e0 promouvoir une agriculture plus durable et r\u00e9siliente :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>R\u00e9duction de l\u2019usage des pesticides\u00a0<\/strong>: d\u00e9veloppement de m\u00e9thodes de lutte int\u00e9gr\u00e9e contre les ravageurs et maladies, utilisation de biocontr\u00f4les et de pratiques agro\u00e9cologiques pour diminuer la d\u00e9pendance aux produits chimiques.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Optimisation de l\u2019irrigation et gestion de l\u2019eau\u00a0<\/strong>: Vu que les r\u00e9alisations dans ce domaine sont tr\u00e8s diversifi\u00e9es en fonction des cultures et des conditions \u00e9dapho-climatiques, on donne les quelques exemples suivants :<\/li>\n\n\n\n<li>D\u00e9termination des besoins en eau des cultures : L\u2019INRA a conduit beaucoup de travaux sur les besoins des cultures qui d\u00e9pendent de l\u2019\u00e9vapotranspiration potentielle (ETP) de la r\u00e9gion, du stade ph\u00e9nologique de la plante correspondant \u00e0 un coefficient cultural, et des apports de pluies. En arboriculture, les besoins sont d\u00e9termin\u00e9s selon l\u2019\u00e2ge et la vari\u00e9t\u00e9. Si on prend l\u2019exemple du palmier dattier, le plant n\u2019a besoin que de 5 m3 par an d\u2019eau durant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es de plantation. Une fois entr\u00e9e en production, ces besoins peuvent varier entre 30 et 60 m3\/arbre\/an, pour atteindre 80 m3\/arbre\/an en production de croisi\u00e8re.<\/li>\n\n\n\n<li>Irrigation d\u00e9ficitaire r\u00e9gul\u00e9e : C\u2019est une strat\u00e9gie d&#8217;optimisation dans laquelle l&#8217;irrigation est appliqu\u00e9e aux cultures pendant les stades de croissance sensibles \u00e0 la s\u00e9cheresse. La restriction hydrique est appliqu\u00e9e aux stades ph\u00e9nologiques tol\u00e9rants \u00e0 la s\u00e9cheresse, qui sont souvent les stades v\u00e9g\u00e9tatifs et la p\u00e9riode de maturation tardive. Chez l\u2019olivier, il est possible de r\u00e9duire de 20% la dose d\u2019irrigation par rapport \u00e0 la demande climatique au moment des p\u00e9riodes sensibles \u00ab Avril \u2013 15 Juin \u00bb et \u00ab 15 Ao\u00fbt \u2013 Fin Octobre \u00bb, et de 30 \u00e0 40% pendant le reste du cycle (Phase non sensible \u00ab 15 juin &#8211; 15 Ao\u00fbt \u00bb), sans pour autant induire une r\u00e9duction significative des rendements en olive et en huile d\u2019olive. Avec cette strat\u00e9gie, il a \u00e9t\u00e9 possible d\u2019\u00e9conomiser 30% d\u2019eau exp\u00e9rimentalement, soit pr\u00e8s de 400 m3 d\u2019eau par ha.<\/li>\n\n\n\n<li>Irrigation d\u00e9ficitaire continue (IDC) : Une IDC de 75% des besoins hydriques du palmier dattier au Haouz, a permis une \u00e9conomie d\u2019eau de 25 % par rapport \u00e0 l\u2019irrigation conventionnelle, en gardant des rendements statistiquement similaires \u00e0 ceux d\u2019une irrigation non d\u00e9ficitaire.<\/li>\n\n\n\n<li>Irrigation d\u2019appoint : Dite aussi irrigation suppl\u00e9mentaire, cette technique consiste \u00e0 fournir de l\u2019eau suppl\u00e9mentaire aux cultures pluviales pendant les p\u00e9riodes critiques afin de compenser un d\u00e9ficit de pluie. Sur le bl\u00e9 tendre en ann\u00e9e s\u00e8che, un apport de 100 mm au tallage a doubl\u00e9 le rendement, et un second apport \u00e0 l\u2019\u00e9piaison l\u2019a encore augment\u00e9 de 9 %. Sur l\u2019olivier, une irrigation estivale de 500 l\/arbre a permis d\u2019am\u00e9liorer la productivit\u00e9 de plus de 40 %.<\/li>\n\n\n\n<li>Optimisation des g\u00e9n\u00e9rateurs photovolta\u00efques en irrigation par \u00e9nergie solaire : L\u2019INRA d\u00e9veloppe des syst\u00e8mes de pompage photovolta\u00efque performants, capable de fonctionner m\u00eame en faible ensoleillement. Un dernier projet sur la gestion \u00e9nerg\u00e9tique de ces syst\u00e8mes a remport\u00e9 le Grand Prix Hassan II pour l\u2019invention et la recherche agricole en 2023.<\/li>\n\n\n\n<li>D\u00e9veloppement de l\u2019irrigation par goutteurs \u00e0 basse pression : L\u2019INRA a test\u00e9 des goutteurs \u00e0 basse pression (0,15 bar) con\u00e7us par le MIT sur l\u2019olivier et les agrumes. Ces dispositifs ont r\u00e9duit la consommation d\u2019\u00e9nergie hydraulique d\u2019environ 43 \u00e0 44 % par rapport aux goutteurs classiques, sans alt\u00e9rer l\u2019uniformit\u00e9 de l\u2019irrigation.<\/li>\n\n\n\n<li>D\u00e9veloppement de la nano-irrigation : Il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me \u00e0 base de tubes \u00e0 nanopores (Moistube) qui permet une diffusion de l\u2019eau juste par la force de succion du sol. Des essais sur le quinoa et le bleu de panicum ont montr\u00e9 une \u00e9conomie d\u2019eau notable pour le panicum et une production accrue pour les deux cultures.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>D\u00e9veloppement d\u2019outil de l\u2019irrigation de pr\u00e9cision :<\/strong>\u00a0L\u2019INRA a d\u00e9velopp\u00e9 un kit innovant et \u00e0 faible co\u00fbt pour le suivi pr\u00e9cis de l\u2019humidit\u00e9 des sols, rendant cette technologie accessible aux petits exploitants. Le dispositif int\u00e8gre des capteurs intelligents capables de mesurer non seulement l\u2019humidit\u00e9, mais aussi la temp\u00e9rature du sol et de l\u2019air ainsi que certains param\u00e8tres climatiques. Ces donn\u00e9es en temps r\u00e9el permettent d\u2019adapter l\u2019irrigation de mani\u00e8re optimale et de d\u00e9tecter rapidement les zones \u00e0 stress hydrique ou climatique. En plus de r\u00e9duire le gaspillage d\u2019eau, le kit am\u00e9liore la gestion globale des cultures et favorise la durabilit\u00e9 agricole. Sa combinaison de pr\u00e9cision, de polyvalence et de co\u00fbt r\u00e9duit en fait un outil particuli\u00e8rement innovant pour l\u2019agriculture moderne.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Fertilisation raisonn\u00e9e :<\/strong>\u00a0En mati\u00e8re de fertilisation, nous avons not\u00e9 plusieurs r\u00e9sultats concrets et diversifi\u00e9s en fonction des cultures et des conditions \u00e9dapho-climatiques. On cite \u00e0 ce titre, pour le palmier dattier, l\u2019apport d\u2019une fumure compos\u00e9e de 1000g d\u2019Azote\/arbre, 500g de Phosphore\/arbre et 1000g de potassium a \u00e9t\u00e9 optimal pour les vari\u00e9t\u00e9s Majhoul, Boufeggouss et Najda dans le Haouz. Cependant pour l\u2019olivier, le raisonnement de la fertilisation bas\u00e9 sur les analyses foliaires a permis une nette am\u00e9lioration de plus de 70% du rendement en olive et de plus de 6% du rendement en huile d\u2019olive. Chez le Cl\u00e9mentinier Sidi Aissa greff\u00e9e sur\u00a0<em>Citrus macrophylla<\/em>, une fertilisation compos\u00e9e de 200 kg\/ha d\u2019Azote, 80 kg\/ha de P2O5 et 200 kg\/ha de K2O a maximis\u00e9 le rendement (56,23 T\/ha) avec une nette am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 des fruits. Sur oranger \u2018Lane Late\u2019 greff\u00e9 sur\u00a0<em>Citrus volkameriana<\/em>, c\u2019est plut\u00f4t une fertilisation compos\u00e9e de 104 kg\/ha d\u2019Azote, 45 kg\/ha de P2O5 et 60 kg\/ha de K2O qui a permis une nette augmentation de 49 kg\/arbre par rapport aux arbres t\u00e9moins. Par ailleurs, un projet est en cours de mise en place sur la fertilisation raisonn\u00e9e dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du royaume (au moins 10 r\u00e9gions). Ce projet ambitieux permettra des normes d\u2019interpr\u00e9tation des sols pour une fertilisation raisonn\u00e9e par culture prioritaire et par r\u00e9gion du Maroc, ainsi que des r\u00e9f\u00e9rentiels de fertilisation efficiente des cultures en fonction des principaux types de sol et syst\u00e8me de cultures.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Cr\u00e9ation de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes\u00a0<\/strong>: s\u00e9lection et am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique de cultures adapt\u00e9es \u00e0 la s\u00e9cheresse, aux sols salins et aux conditions climatiques extr\u00eames.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA contribue \u00e0 la mise en \u0153uvre des principes de la Strat\u00e9gie G\u00e9n\u00e9ration Green 2020-2030, en accompagnant les orientations de cette strat\u00e9gie, comme le pr\u00e9cise le cadre de la feuille de route nationale pour la recherche et l\u2019innovation agricoles. Parmi les objectifs de l\u2019INRA, inscrits dans cette strat\u00e9gie, figure le d\u00e9veloppement de 50 nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales entre 2020 et 2030, en plus de l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 de 50 % durant la m\u00eame p\u00e9riode. \u00c0 titre indicatif, la moyenne nationale actuelle est de 20 quintaux par hectare, et l\u2019objectif est d\u2019atteindre 30 quintaux par hectare \u00e0 l\u2019horizon 2030, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, tout en rationalisant l\u2019utilisation de l\u2019eau et en pr\u00e9servant les sols gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019adoption du concept de l\u2019agriculture de conservation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9veloppement de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumineuses r\u00e9sistantes \u00e0 la s\u00e9cheresse et aux changements climatiques n\u00e9cessite plusieurs ann\u00e9es de recherche et d\u2019essais avant d\u2019aboutir \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e, offrant un rendement \u00e9lev\u00e9 et capable de s\u2019adapter aux sp\u00e9cificit\u00e9s climatiques des diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays. L\u2019objectif est de r\u00e9pondre aux besoins des producteurs, de plus en plus demandeurs de vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 haute productivit\u00e9 et de bonne qualit\u00e9. En effet, la s\u00e9cheresse est devenue une donn\u00e9e structurelle au Maroc, ce qui impacte directement les cultures. Il devient donc indispensable de s\u00e9lectionner et d\u00e9velopper de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales et l\u00e9gumineuses r\u00e9sistantes \u00e0 la s\u00e9cheresse.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA a d\u00e9velopp\u00e9 plusieurs vari\u00e9t\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales plus r\u00e9silientes \u00e0 la s\u00e9cheresse (bl\u00e9 dur, bl\u00e9 tendre, orge, et avoine). Ces nouvelles vari\u00e9t\u00e9s sont le fruit de plus de 10 ans de recherche, utilisant les ressources g\u00e9n\u00e9tiques de grains ancestraux, collect\u00e9s et conserv\u00e9s dans la Banque de g\u00e8nes du Centre international de recherche agricole dans les zones arides \u00e0 Rabat. L\u2019objectif \u00e9tait de cr\u00e9er de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s plus capables de r\u00e9sister aux d\u00e9fis climatiques, tels que la s\u00e9cheresse.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique demande de l\u2019expertise, des semences de base, et du mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique que l\u2019on puise \u00e0 travers notre banque de g\u00e8nes et \u00e0 travers notre partenariat au niveau nationale et internationale. On proc\u00e8de ainsi \u00e0 des croisements au cours des ann\u00e9es. Il s\u2019agit d\u2019un processus long qui peut aller jusqu\u2019\u00e0 10 \u00e0 15 ans. Et c\u2019est \u00e0 travers ce processus que l\u2019on s\u00e9lectionne des plantes qui font preuve d\u2019une plus grande r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Agro\u00e9cologie et diversification des syst\u00e8mes agricoles<\/strong>\u00a0: Semis direct, promotion de rotations culturales, agroforesterie, cultures de couverture et pratiques favorisant la fertilit\u00e9 des sols et la biodiversit\u00e9. Des\u00a0travaux ont montr\u00e9 que la conduite de l\u2019olivier en mode agroforestier avec une culture du Quinoa am\u00e9liore son rendement de 52% par rapport \u00e0 l\u2019oliveraie en monoculture et celui du quinoa de 41%, correspondant \u00e0 un Rapport Equivalent Terre (Land Equivalent Ration &#8211; LER) toujours sup\u00e9rieur \u00e0 1, t\u00e9moignant d\u2019une meilleure efficience de l\u2019utilisation de la terre. Par ailleurs, un projet est en cours de mise en place pour intensifier des pratiques agroforesti\u00e8res dans des r\u00e9gions vuln\u00e9rables au stress climatique, visant principalement :<\/li>\n\n\n\n<li>Atteindre \u00e0 l\u2019horizon 2030, une superficie de 500 000 hectares en syst\u00e8me agroforestier incluant diff\u00e9rentes cultures (Caroubier, Cactus, Arganier, Olivier, Amandier, Pistachier, Atriplex, Acacia).\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>Int\u00e9grer un total de 100 000 petits producteurs dans ce programme<\/li>\n\n\n\n<li>Une production de biomasse (bois et produits agricoles) augment\u00e9e de 20 \u00e0 40%, issue d\u2019une augmentation de 20% de la productivit\u00e9 de la terre (Land Equivalent Ratio)<\/li>\n\n\n\n<li>Une r\u00e9duction du stress hydrique via l\u2019augmentation de la r\u00e9serve utile en eau d\u2019au moins 30%<\/li>\n\n\n\n<li>Une am\u00e9lioration de la s\u00e9questration carbone d\u2019au minimum 1 t\/ha.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ces recherches permettent \u00e0 l\u2019INRA de fournir des solutions concr\u00e8tes aux producteurs pour am\u00e9liorer la durabilit\u00e9, la productivit\u00e9 et la r\u00e9silience des syst\u00e8mes agricoles marocains face aux d\u00e9fis environnementaux et climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le domaine de la sant\u00e9 des plantes, les efforts pour r\u00e9duire l\u2019usage des pesticides et promouvoir une protection durable des cultures s\u2019articulent autour de plusieurs axes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Inventaire et caract\u00e9risation des maladies et ravageurs \u00e9mergents, afin de proposer des solutions \u00e9cologiques adapt\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li>Mise au point de m\u00e9thodes de lutte int\u00e9gr\u00e9e et biologique, recourant aux ennemis naturels, aux biopesticides et aux extraits de plantes.<\/li>\n\n\n\n<li>Identification et s\u00e9lection de vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes aux maladies et ravageurs.<\/li>\n\n\n\n<li>D\u00e9veloppement de pratiques post-r\u00e9colte permettant de limiter l\u2019utilisation de produits chimiques de conservation.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Quels dispositifs sont mis en place pour acc\u00e9l\u00e9rer le transfert des r\u00e9sultats de recherche vers les PME agro-alimentaires ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers ses partenariats de recherche et de d\u00e9veloppement, l\u2019INRA collabore \u00e9troitement avec les PME agroalimentaires pour la mise au point, l\u2019adaptation ou l\u2019optimisation de technologies r\u00e9pondant \u00e0 leurs besoins industriels.&nbsp;Chaque ann\u00e9e, pr\u00e8s d\u2019une soixantaine de contrats sont conclus, traduisant une dynamique de coop\u00e9ration soutenue entre la recherche publique et le monde socio-\u00e9conomique et institutionnel. Fait marquant, pr\u00e8s de 50 % de ces partenariats sont \u00e9tablis avec le secteur priv\u00e9, illustrant la confiance et l\u2019int\u00e9r\u00eat croissant des entreprises pour les r\u00e9sultats et l\u2019expertise de l\u2019Institut.&nbsp;Ces collaborations peuvent \u00eatre bipartites ou s\u2019inscrire dans des projets de plus grande envergure, associant des consortia nationaux ou internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de la strat\u00e9gie G\u00e9n\u00e9ration Green, 19 contrats-programmes de fili\u00e8res sont propos\u00e9s aux f\u00e9d\u00e9rations interprofessionnelles. Int\u00e9grant une composante recherche-d\u00e9veloppement, ces dispositifs offrent un cadre structurant pour co-construire des solutions innovantes r\u00e9pondant aux contraintes aussi bien \u00e0 l\u2019amont qu\u2019\u00e0 l\u2019aval des fili\u00e8res agricoles et agroalimentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA dispose aujourd\u2019hui de laboratoires analytiques implant\u00e9s dans plusieurs centres r\u00e9gionaux, et \u0153uvre au d\u00e9veloppement de halles technologiques au sein des qualip\u00f4les d\u2019alimentation mis en place par les pouvoirs publics dans les zones \u00e0 fort potentiel de valorisation. Ces infrastructures permettent la r\u00e9alisation d\u2019analyses physico-chimiques et microbiologiques des produits agricoles, de tests de qualit\u00e9 technologique, d\u2019essais exp\u00e9rimentaux de transformation, ainsi que d\u2019\u00e9tudes sur les proc\u00e9d\u00e9s de conservation, de stockage et de r\u00e9duction des pertes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA contribue \u00e9galement \u00e0 la caract\u00e9risation et \u00e0 la typicit\u00e9 des produits en appui \u00e0 la labellisation et aux signes distinctifs d\u2019origine et de qualit\u00e9 (SDOQ), et participe aux jurys d\u2019\u00e9valuation de la qualit\u00e9. L\u2019INRA a travaill\u00e9 sur une vingtaine de SDOQ et anim\u00e9 3 jurys r\u00e9gionaux, en plus du jury national sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019huile d\u2019olive.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019INRA dispose d\u2019un portefeuille croissant de brevets, propos\u00e9 \u00e0 la valorisation \u00e0 travers des partenariats pour leur exploitation. Dans la m\u00eame dynamique, l\u2019INRA d\u00e9veloppe une filiale d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la valorisation et au transfert de ses r\u00e9sultats de recherche, et envisage dans un futur proche la cr\u00e9ation de start-ups ou de spin-offs en lien avec les PME agroalimentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, dans le cadre de son programme institutionnel, l\u2019INRA m\u00e8ne de nombreuses actions de diffusion et de d\u00e9monstration, soit \u00e0 son initiative, soit en partenariat avec les organismes de d\u00e9veloppement relevant du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. L&#8217;INRA participe activement aux plateformes d\u2019\u00e9change entre chercheurs et industriels : salons professionnels, conf\u00e9rences, s\u00e9minaires et est \u00e9galement membre d\u2019associations d\u2019innovation agroalimentaire telles qu\u2019Agrinova.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019INRA envisage-t-il de d\u00e9velopper des incubateurs ou des partenariats public-priv\u00e9 afin de favoriser l\u2019innovation industrielle \u00e0 partir de la recherche ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la continuit\u00e9 de sa mission de valorisation de la recherche, l\u2019INRA pr\u00e9voit de renforcer les passerelles entre la recherche et l\u2019industrie afin de favoriser l\u2019\u00e9mergence d\u2019innovations technologiques \u00e0 fort impact socio-\u00e9conomique. La mise en place d\u2019incubateurs d\u00e9di\u00e9s aux technologies agricoles et agroalimentaires constitue l\u2019un des axes structurants de cette dynamique. Cette orientation se concr\u00e9tise \u00e0 travers les associations Agrinova implant\u00e9es dans les qualip\u00f4les d\u2019alimentation, v\u00e9ritables carrefours r\u00e9gionaux d\u2019innovation. L\u2019INRA y joue un r\u00f4le actif en apportant un mentorat technique aux porteurs de projets et jeunes entreprises, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ses plateformes analytiques et exp\u00e9rimentales, ainsi qu\u2019un appui en formation, encadrement scientifique et veille technologique. Bien que cette exp\u00e9rience soit encore r\u00e9cente, elle se r\u00e9v\u00e8le hautement prometteuse pour le d\u00e9veloppement d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me d\u2019innovation collaboratif entre chercheurs, industriels et acteurs territoriaux.<\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le, les partenariats avec les universit\u00e9s nationales offrent de nouvelles opportunit\u00e9s de co-valorisation des r\u00e9sultats de recherche, notamment \u00e0 travers les cit\u00e9s d\u2019innovation et les structures universitaires de transfert technologique. Ces collaborations renforcent la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre la recherche publique et l\u2019entrepreneuriat, tout en favorisant l\u2019\u00e9mergence de solutions adapt\u00e9es aux besoins du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, l\u2019INRA entend poursuivre et intensifier son appui aux coop\u00e9ratives agricoles, en les accompagnant dans la modernisation de leurs proc\u00e9d\u00e9s, l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 des produits et la valorisation des productions locales. Cet accompagnement s\u2019inscrit dans une logique d\u2019inclusion et de durabilit\u00e9, en coh\u00e9rence avec les objectifs de la strat\u00e9gie G\u00e9n\u00e9ration Green.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont, selon vous, les grands d\u00e9fis auxquels l\u2019agriculture et l\u2019agro-industrie marocaines devront faire face \u00e0 l\u2019horizon 2030 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019horizon 2030, l\u2019agriculture et l\u2019agro-industrie marocaines devront relever des d\u00e9fis \u00e0 la fois locaux et d\u2019\u00e9chelle globale. Le premier concerne la raret\u00e9 croissante des ressources hydriques dans un contexte de changement climatique qui touche toutes les r\u00e9gions du pays. Cette situation impose de repenser nos syst\u00e8mes de production pour produire davantage avec moins d\u2019eau, tout en pr\u00e9servant les sols et la biodiversit\u00e9. L\u2019innovation dans les techniques d\u2019irrigation, le d\u00e9veloppement de vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes \u00e0 la s\u00e9cheresse et l\u2019adoption de pratiques agro\u00e9cologiques seront essentielles pour assurer la r\u00e9silience de nos fili\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>La souverainet\u00e9 alimentaire et la s\u00e9curit\u00e9 nutritionnelle constituent un autre enjeu majeur. Bien que le Maroc ait r\u00e9alis\u00e9 des progr\u00e8s notables, il reste d\u00e9pendant de certaines importations, et donc vuln\u00e9rable aux fluctuations des march\u00e9s mondiaux. Il s\u2019agit alors de diversifier les cultures, valoriser les ressources locales, encourager les l\u00e9gumineuses et ol\u00e9agineux et promouvoir des r\u00e9gimes alimentaires sains et durables. L\u2019agro-industrie devra, elle aussi, se moderniser et monter en valeur. Nos fili\u00e8res disposent d\u2019un fort potentiel, mais celui-ci reste parfois limit\u00e9 par le manque d\u2019infrastructures adapt\u00e9es \u00e0 la transformation et au stockage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9fi humain reste central : le vieillissement de la population agricole et la faible attractivit\u00e9 du secteur pour les jeunes imposent de renforcer la formation, l\u2019accompagnement entrepreneurial et l\u2019inclusion des femmes. La strat\u00e9gie G\u00e9n\u00e9ration Green r\u00e9pond \u00e0 cet enjeu en pla\u00e7ant l\u2019humain au c\u0153ur de la transition agricole, en encourageant l\u2019entrepreneuriat rural et en soutenant les porteurs de projets innovants.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, l\u2019int\u00e9gration des technologies num\u00e9riques, de la bio\u00e9conomie et des pratiques durables devient incontournable. La digitalisation, l\u2019agriculture intelligente et la valorisation des coproduits sont des leviers essentiels pour un mod\u00e8le agroalimentaire marocain r\u00e9silient, comp\u00e9titif et durable.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment percevez-vous l\u2019\u00e9volution du r\u00f4le de l\u2019INRA dans la consolidation de la souverainet\u00e9 alimentaire et le renforcement de la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale du Maroc ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA occupe aujourd\u2019hui une place centrale dans la transformation du syst\u00e8me agroalimentaire marocain. Son r\u00f4le d\u00e9passe la simple production de connaissances : il agit comme un acteur de d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9, reliant la recherche scientifique, l\u2019innovation technologique et la valorisation \u00e9conomique des r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<p>Face aux d\u00e9fis de la raret\u00e9 de l\u2019eau, de la d\u00e9gradation des sols et du changement climatique, l\u2019Institut d\u00e9veloppe des solutions adapt\u00e9es aux zones arides et semi-arides. Ses recherches ont permis d\u2019am\u00e9liorer la productivit\u00e9, d\u2019accro\u00eetre l\u2019efficience des intrants et de promouvoir une agriculture agro\u00e9cologique conciliant performance et durabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019INRA fournit un appui scientifique strat\u00e9gique aux d\u00e9cideurs et contribue activement aux grands programmes nationaux : multiplication des semences, r\u00e9habilitation du cactus, semis direct sur un million d\u2019hectares, ou encore production de plants d\u2019arganier et de palmier dattier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambition de l\u2019INRA est de se positionner comme un centre d\u2019excellence national et r\u00e9gional, fond\u00e9 sur trois piliers :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une RD-I efficiente, orient\u00e9e vers l\u2019impact, la valorisation rapide des r\u00e9sultats et la collaboration public-priv\u00e9 ;<\/li>\n\n\n\n<li>Une gouvernance diligente et transparente, adapt\u00e9e aux exigences de la recherche et fond\u00e9e sur la performance et la redevabilit\u00e9 ;<\/li>\n\n\n\n<li>Ceci n\u00e9cessite aussi le d\u00e9ploiement de moyens humains et financiers \u00e0 la hauteur des ambitions, dans un contexte o\u00f9 le Maroc consacre environ 0,8 % du PIB \u00e0 la R&amp;D, contre plus de 2 % dans les pays de l\u2019OCDE.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Parcours&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nomm\u00e9e Directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019INRA le 12 mars 2025, le Pr Lamiae Ghaouti est sp\u00e9cialiste de l\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique des plantes. Docteure en Agronomie de l\u2019Universit\u00e9 Georg-August de G\u00f6ttingen (Allemagne, 2007), elle a re\u00e7u le prix Kurt von R\u00fcmker en 2009. Elle a d\u00e9but\u00e9 sa carri\u00e8re comme s\u00e9lectionneuse au sein de l\u2019entreprise Nordeutsche Pflanzenzucht Hans-Georg Lemke en Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a ensuite rejoint l\u2019IAV Hassan II en 2011, o\u00f9 elle a contribu\u00e9 \u00e0 la formation d\u2019ing\u00e9nieurs et de doctorants, coordonn\u00e9 plusieurs projets de recherche nationaux et internationaux, et dirig\u00e9 \u00e0 partir de 2017 le D\u00e9partement Production, Protection et Biotechnologie V\u00e9g\u00e9tale. Membre du Comit\u00e9 consultatif du CIHEAM, elle a \u00e9galement pris en charge, depuis avril 2021, la Coop\u00e9ration, le Partenariat et le D\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019IAV Hassan II avant sa nomination \u00e0 la t\u00eate de l\u2019INRA.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La souverainet\u00e9 semenci\u00e8re est au c\u0153ur de la souverainet\u00e9 alimentaire. Notre objectif est d\u2019augmenter l\u2019utilisation des semences certifi\u00e9es \u00e0 40 % d\u2019ici 2030, avec une contribution de 50 % de la semence nationale. \u00bb \u00ab L\u2019INRA a lanc\u00e9 le projet du Centre National des Ressources G\u00e9n\u00e9tiques, dont l\u2019ouverture est pr\u00e9vue en 2026. Ce centre &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12134,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[23],"tags":[],"class_list":["post-12133","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-interview"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12133","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12133"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12133\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12138,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12133\/revisions\/12138"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12134"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12133"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12133"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12133"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}