{"id":12669,"date":"2025-12-24T14:01:05","date_gmt":"2025-12-24T13:01:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=12669"},"modified":"2026-01-06T13:03:45","modified_gmt":"2026-01-06T12:03:45","slug":"alexandre-anh-tai-huynh-representant-de-la-fao-au-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/foodmagazine.ma\/?p=12669","title":{"rendered":"Alexandre Anh T\u00e0i Huynh, Repr\u00e9sentant de la FAO au Maroc"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong><em>La s\u00e9cheresse structurelle que conna\u00eet le Royaume n&#8217;est pas une crise passag\u00e8re, c&#8217;est une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle il faut s&#8217;adapter en profondeur. \u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>Notre intervention s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 du Discours du Tr\u00f4ne 2025 : \u00ab <em>Il n&#8217;y a pas de place pour un Maroc \u00e0 deux vitesses. Notre action vise \u00e0 ce que les fruits du d\u00e9veloppement profitent \u00e0 tous les citoyens, sans distinction ni exclusion territoriale.<\/em> \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Alors que le Maroc affronte une s\u00e9cheresse devenue structurelle et une pression croissante sur ses syst\u00e8mes alimentaires, la question de la r\u00e9silience agricole s\u2019impose comme un enjeu national. Dans ce contexte, la FAO renforce son accompagnement aupr\u00e8s des institutions marocaines afin de soutenir l\u2019adaptation au stress hydrique, la transformation des cha\u00eenes de valeur et la modernisation des politiques publiques. Alexandre Anh T\u00e0i Huynh, Repr\u00e9sentant de l\u2019Organisation au Maroc depuis f\u00e9vrier 2025, revient sur les priorit\u00e9s de la FAO, les projets engag\u00e9s dans le cadre de G\u00e9n\u00e9ration Green et les leviers \u00e0 la disposition du Royaume pour consolider sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire face aux chocs climatiques et \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc fait face \u00e0 une s\u00e9cheresse structurelle qui affecte profond\u00e9ment son agriculture. Comment la FAO accompagne-t-elle le Royaume dans l&#8217;adaptation au stress hydrique et la gestion durable des ressources en eau ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question de l&#8217;eau est au c\u0153ur de tous nos \u00e9changes avec les partenaires marocains. La s\u00e9cheresse structurelle que conna\u00eet le Royaume n&#8217;est pas une crise passag\u00e8re, c&#8217;est une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle il faut s&#8217;adapter en profondeur. Notre accompagnement s&#8217;inscrit dans cette perspective de long terme.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous intervenons d&#8217;abord sur la gouvernance, parce que l&#8217;eau est une ressource qui traverse tous les secteurs. Nous contribuons \u00e0 la feuille de route nationale de l&#8217;eau et nous facilitons le dialogue entre le d\u00e9partement de l&#8217;Agriculture et celui de l&#8217;Eau. Ce dialogue institutionnel est essentiel pour d\u00e9velopper des m\u00e9canismes de gestion int\u00e9gr\u00e9e et territoriale qui d\u00e9passent les logiques en silos.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le terrain, nous menons des actions tr\u00e8s concr\u00e8tes. Nous r\u00e9alisons des audits hydriques et mettons en place des syst\u00e8mes de comptabilit\u00e9 de l&#8217;eau, car on ne peut bien g\u00e9rer que ce que l&#8217;on mesure pr\u00e9cis\u00e9ment. Nos projets sur la productivit\u00e9 de l&#8217;eau dans les r\u00e9gions de Berrechid et Souss-Massa illustrent cette approche pratique. Nous travaillons aussi sur des syst\u00e8mes d&#8217;alerte pr\u00e9coce sur la s\u00e9cheresse et sur l&#8217;analyse des vuln\u00e9rabilit\u00e9s. L&#8217;assistance technique que nous apportons aux institutions nationales &#8211; le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, de la P\u00eache Maritime, du d\u00e9veloppement Rural, des Eaux et des For\u00eats (MAPMDREF) en ses diff\u00e9rents d\u00e9partements, l&#8217;ONEE, les agences de bassin &#8211; s&#8217;inscrit dans cette d\u00e9marche d&#8217;accompagnement au quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;innovation est aussi un levier que nous activons fortement. Nous encourageons des initiatives bas\u00e9es sur le nexus Eau-\u00c9nergie-Alimentation dans les zones \u00e0 stress hydrique. Nous promouvons le pilotage intelligent de l&#8217;irrigation, la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et les outils d&#8217;aide \u00e0 la d\u00e9cision. Nous int\u00e9grons pleinement l&#8217;eau dans notre approche de transformation des syst\u00e8mes alimentaires : diversification des cultures, r\u00e9duction des pertes alimentaires, am\u00e9lioration de l&#8217;efficience globale. Nous explorons \u00e9galement la valorisation des eaux us\u00e9es et des boues dans une logique d&#8217;\u00e9conomie circulaire, car il faut mobiliser toutes les ressources disponibles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les fili\u00e8res strat\u00e9giques \u2013 c\u00e9r\u00e9ales, fruits et l\u00e9gumes, \u00e9levage \u2013 sont confront\u00e9es \u00e0 des d\u00e9fis climatiques mais aussi \u00e0 des opportunit\u00e9s de d\u00e9veloppement. Quels leviers la FAO recommande-t-elle pour am\u00e9liorer durablement la productivit\u00e9 tout en pr\u00e9servant les ressources naturelles ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question est de savoir comment produire plus et mieux dans un contexte de contraintes croissantes. Notre r\u00e9ponse s&#8217;articule autour d&#8217;une approche int\u00e9gr\u00e9e qui combine plusieurs leviers.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;agriculture intelligente face au climat constitue la colonne vert\u00e9brale de cette approche. Pour les c\u00e9r\u00e9ales, nous encourageons fortement l&#8217;adoption du semis direct, qui am\u00e9liore la fertilit\u00e9 des sols et r\u00e9duit l&#8217;\u00e9rosion tout en \u00e9conomisant l&#8217;eau. Nous promouvons les bonnes pratiques agro\u00e9cologiques : diversification, rotations culturales et associations de cultures. Nous soutenons aussi les technologies \u00e0 faible \u00e9mission de carbone et le d\u00e9veloppement de vari\u00e9t\u00e9s moins consommatrices en eau et plus r\u00e9silientes aux maladies et \u00e0 la s\u00e9cheresse.<\/p>\n\n\n\n<p>La gestion de l&#8217;eau et des sols est \u00e9videmment centrale. Nous insistons sur la comptabilit\u00e9 de l&#8217;eau et la gouvernance locale des ressources, parce qu&#8217;on ne peut pas g\u00e9rer efficacement ce qu&#8217;on ne mesure pas. Les technologies d&#8217;irrigation de pr\u00e9cision \u2013 goutte-\u00e0-goutte, pilotage num\u00e9rique \u2013 permettent d&#8217;optimiser chaque m\u00e8tre cube. La restauration et la conservation des sols, \u00e0 travers l&#8217;agriculture de conservation et la fertilit\u00e9 organique, sont particuli\u00e8rement importantes pour les c\u00e9r\u00e9ales et les parcours.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l&#8217;\u00e9levage, la modernisation doit aller de pair avec la durabilit\u00e9. Nous recommandons des approches qui combinent am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique, alimentation raisonn\u00e9e et sant\u00e9 animale. L&#8217;approche \u00ab One Health \u2013 Une Seule Sant\u00e9 \u00bb que nous promouvons int\u00e8gre sant\u00e9 animale, v\u00e9g\u00e9tale, humaine et environnementale, car ces dimensions sont intimement li\u00e9es. La gestion durable des parcours et des ressources fourrag\u00e8res est aussi cruciale, surtout dans un contexte o\u00f9 la pression sur ces espaces s&#8217;intensifie.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;important est d&#8217;adapter ces leviers aux contextes locaux. Ce qui fonctionne dans le Souss ne fonctionnera pas forc\u00e9ment de la m\u00eame mani\u00e8re dans le Rif ou dans les oasis. C&#8217;est pourquoi nous privil\u00e9gions les approches territorialis\u00e9es, ancr\u00e9es dans les r\u00e9alit\u00e9s du terrain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc joue un r\u00f4le croissant dans la coop\u00e9ration Sud-Sud, notamment avec plusieurs pays d&#8217;Afrique subsaharienne. Comment la FAO per\u00e7oit-elle la contribution du Royaume dans le partage d&#8217;expertise agricole, de mod\u00e8les d&#8217;irrigation et de bonnes pratiques ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc est devenu un acteur incontournable de la coop\u00e9ration Sud-Sud, et nous nous en r\u00e9jouissons. Le Royaume a accumul\u00e9 une expertise consid\u00e9rable dans des domaines qui int\u00e9ressent beaucoup de pays africains confront\u00e9s \u00e0 des d\u00e9fis similaires.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;irrigation moderne est sans doute le domaine o\u00f9 l&#8217;expertise marocaine est la plus reconnue. Le goutte-\u00e0-goutte, la gestion int\u00e9gr\u00e9e de l&#8217;eau, la gouvernance hydrique : le Maroc a d\u00e9velopp\u00e9 des mod\u00e8les qui peuvent inspirer de nombreux pays en situation de stress hydrique. De m\u00eame, l&#8217;agriculture de pr\u00e9cision, la digitalisation et l&#8217;innovation technologique repr\u00e9sentent des forces du Royaume qu&#8217;il peut partager avec profit.<\/p>\n\n\n\n<p>La gestion de la s\u00e9cheresse et l&#8217;adaptation climatique constituent un autre domaine o\u00f9 l&#8217;exp\u00e9rience marocaine est pr\u00e9cieuse. Le Royaume est confront\u00e9 depuis des d\u00e9cennies \u00e0 ces d\u00e9fis et a d\u00e9velopp\u00e9 des r\u00e9ponses pragmatiques qui peuvent b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 d&#8217;autres pays africains. Les fili\u00e8res animales \u2013 \u00e9levage ovin et caprin, gestion des parcours, sant\u00e9 animale \u2013 repr\u00e9sentent aussi un savoir-faire reconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Je mentionnerais \u00e9galement la gestion des territoires fragiles : montagnes, oasis, zones arides. Le Maroc a su maintenir et valoriser ces espaces difficiles, pr\u00e9server leur biodiversit\u00e9, y fixer les populations. Cette expertise est directement transf\u00e9rable \u00e0 de nombreux pays du Sahel ou d&#8217;Afrique de l&#8217;Est.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre r\u00f4le \u00e0 la FAO, forts de notre implantation au Maroc, mais aussi dans tous les pays du continent africain et au-del\u00e0, est de faciliter ces \u00e9changes, de cr\u00e9er des opportunit\u00e9s de formation et de partenariat, de documenter les bonnes pratiques pour qu&#8217;elles puissent \u00eatre adapt\u00e9es ailleurs. Nous sommes convaincus que les solutions d\u00e9velopp\u00e9es dans des contextes similaires sont souvent les plus pertinentes et les plus facilement appropriables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans vos \u00e9changes avec les institutions et les acteurs du secteur, quels d\u00e9fis apparaissent comme prioritaires pour les prochaines ann\u00e9es \u2013 gouvernance des fili\u00e8res, s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, formation, adaptation climatique \u2013 et quelles r\u00e9ponses la FAO pr\u00e9pare-t-elle pour y faire face ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quatre d\u00e9fis prioritaires ressortent syst\u00e9matiquement de mes \u00e9changes avec les partenaires marocains.<\/p>\n\n\n\n<p>La gouvernance intersectorielle arrive en t\u00eate. Le Maroc dispose d&#8217;excellentes strat\u00e9gies sectorielles, mais faire travailler ensemble l&#8217;agriculture, la sant\u00e9, l&#8217;environnement, le commerce, c&#8217;est un exercice complexe. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment l&#8217;objet du Comit\u00e9 National de Pilotage de la Transformation des Syst\u00e8mes Alimentaires dont nous avons appuy\u00e9 la mise en place : cr\u00e9er cette synergie indispensable, casser les silos, construire une vision actionnable commune. Nous travaillons aussi \u00e0 l\u2019identification de points focaux dans chaque institution pour fluidifier la coordination au quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;adaptation climatique devient de plus en plus pressante. La s\u00e9cheresse n&#8217;est plus une crise passag\u00e8re, c&#8217;est une nouvelle donne structurelle. Les pr\u00e9cipitations sont de plus en plus irr\u00e9guli\u00e8res, les temp\u00e9ratures \u00e9voluent, les calendriers agricoles traditionnels sont bouscul\u00e9s. Face \u00e0 cela, nous d\u00e9veloppons une r\u00e9ponse int\u00e9gr\u00e9e : syst\u00e8mes d&#8217;alerte pr\u00e9coce pour anticiper les chocs, agriculture climato-intelligente pour s&#8217;adapter, gestion optimis\u00e9e de l&#8217;eau pour \u00e9conomiser chaque goutte, diversification des cultures et des revenus ruraux pour r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le renforcement des capacit\u00e9s et la formation constituent un autre chantier majeur. L&#8217;agriculture de demain ne ressemblera pas \u00e0 celle d&#8217;hier. Elle requiert de nouvelles comp\u00e9tences : ma\u00eetrise des technologies digitales, gestion fine de l&#8217;eau, approches agro\u00e9cologiques, entrepreneuriat rural. Nous d\u00e9veloppons des programmes de formation cibl\u00e9s, en particulier pour les jeunes et les femmes qui repr\u00e9sentent l&#8217;avenir du secteur. Notre travail avec le P\u00f4le Digital Agriculture &amp; For\u00eat ou encore avec l\u2019Agence pour le D\u00e9veloppement Agricole (ADA) s&#8217;inscrit dans cette logique de mont\u00e9e en comp\u00e9tences.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans un contexte de volatilit\u00e9 des prix et de d\u00e9pendance partielle aux importations reste un d\u00e9fi permanent. Notre approche combine plusieurs leviers : renforcer la production locale pour r\u00e9duire la d\u00e9pendance, r\u00e9duire les pertes et gaspillages qui repr\u00e9sentent un potentiel \u00e9norme, moderniser les cha\u00eenes de valeur pour gagner en efficience, soutenir les petits producteurs pour am\u00e9liorer leur acc\u00e8s aux march\u00e9s et aux technologies, et offrir des aliments accessibles et de qualit\u00e9 aux consommateurs marocains. C&#8217;est un travail de longue haleine qui n\u00e9cessite la mobilisation de tous les acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Depuis votre prise de fonctions en f\u00e9vrier 2025, quels projets prioritaires avez-vous d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s ou souhaitez-vous acc\u00e9l\u00e9rer au Maroc, et quels impacts attendez-vous \u00e0 court et moyen terme pour les communaut\u00e9s agricoles ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ma priorit\u00e9 imm\u00e9diate depuis mon arriv\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d&#8217;appuyer l&#8217;op\u00e9rationnalisation du Comit\u00e9 National de Pilotage de la Transformation des Syst\u00e8mes Alimentaires, une approche o\u00f9 le Maroc est en pointe, avec un leadership fort du minist\u00e8re de l&#8217;Agriculture. Ce n&#8217;est pas juste une structure de plus : c&#8217;est l&#8217;outil qui doit permettre de coordonner r\u00e9ellement les politiques publiques, de casser les silos, de cr\u00e9er une vision commune. \u00c0 court terme, nous finalisons les feuilles de route sectorielles et nous lan\u00e7ons les premiers projets pilotes. \u00c0 moyen terme, l&#8217;enjeu est une meilleure coh\u00e9rence des politiques et une plus grande r\u00e9silience face aux chocs.<\/p>\n\n\n\n<p>Je porte aussi une attention particuli\u00e8re aux populations vuln\u00e9rables, notamment dans les territoires fragiles. Les zones oasiennes, les montagnes, les zones touch\u00e9es par le s\u00e9isme d&#8217;Al Haouz : c\u2019est l\u00e0 que les d\u00e9fis sont les plus importants et que notre action peut avoir le plus d&#8217;impact. Nous acc\u00e9l\u00e9rons nos projets d&#8217;inclusion \u00e9conomique des jeunes et des femmes rurales, nos initiatives agro\u00e9cologiques, nos programmes de d\u00e9veloppement territorial int\u00e9gr\u00e9. L&#8217;objectif \u00e0 court terme est de cr\u00e9er des opportunit\u00e9s d&#8217;emploi et de revenus pour des milliers de familles. \u00c0 moyen terme, nous visons \u00e0 contribuer \u00e0 la mod\u00e9ration de l&#8217;exode rural, \u00e0 la valorisation des nombreuses opportunit\u00e9s d&#8217;investissement dans ces belles r\u00e9gions, et au renforcement de la r\u00e9silience des communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces priorit\u00e9s s&#8217;inscrivent pleinement dans la vision exprim\u00e9e par Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI dans Son discours du Tr\u00f4ne 2025 qui a appel\u00e9 \u00e0 une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de programmes de d\u00e9veloppement territorial int\u00e9gr\u00e9. Comme l&#8217;a soulign\u00e9 le Souverain, \u00ab <em>il n&#8217;y a pas de place pour un Maroc \u00e0 deux vitesses <\/em>\u00bb. Les quatre axes prioritaires d\u00e9finis par Sa Majest\u00e9 \u2013 l&#8217;emploi \u00e0 travers la valorisation des \u00e9conomies r\u00e9gionales, les services sociaux de base, la gestion proactive des ressources hydriques, et la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s spatiales \u2013 trouvent leur traduction concr\u00e8te dans nos interventions sur le terrain. Notre accompagnement de la FAO vise pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce que les fruits du d\u00e9veloppement profitent \u00e0 tous les citoyens, sans distinction ni exclusion territoriale.<\/p>\n\n\n\n<p>La gestion durable de l&#8217;eau est un autre chantier que je souhaite acc\u00e9l\u00e9rer. C&#8217;est l&#8217;enjeu absolument crucial pour le Maroc. Nous intensifions nos projets d&#8217;audit hydrique, de comptabilit\u00e9 de l&#8217;eau, de technologies d&#8217;irrigation efficiente. Nous renfor\u00e7ons la gouvernance de l&#8217;eau au niveau territorial, parce que c&#8217;est \u00e0 cette \u00e9chelle que les arbitrages se font et que les solutions doivent \u00eatre trouv\u00e9es. \u00c0 court terme, nous visons une meilleure connaissance des ressources et des usages. \u00c0 moyen terme, l&#8217;objectif est d&#8217;am\u00e9liorer significativement l&#8217;efficience de l&#8217;eau dans l&#8217;agriculture et de s\u00e9curiser les syst\u00e8mes de production dans les zones les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;innovation et la digitalisation repr\u00e9sentent un levier que je souhaite vraiment activer. Le P\u00f4le Digital Agriculture &amp; For\u00eat doit devenir un v\u00e9ritable hub r\u00e9gional d&#8217;innovation. Nous d\u00e9veloppons des plateformes digitales pour les petits agriculteurs, nous d\u00e9ployons des outils de t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et d&#8217;aide \u00e0 la d\u00e9cision, nous soutenons l&#8217;incubation de start-ups agricoles. L&#8217;impact attendu est une modernisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des pratiques, un meilleur acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;information et aux march\u00e9s pour les petits producteurs, une anticipation plus efficace des risques climatiques et phytosanitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Je souhaite aussi renforcer le positionnement du Maroc dans la coop\u00e9ration Sud-Sud. Le Royaume dispose d&#8217;une expertise pr\u00e9cieuse qui peut b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 de nombreux pays africains. Nous facilitons les \u00e9changes, les formations, les partenariats triangulaires. Au-del\u00e0 du rayonnement du Maroc, c&#8217;est un renforcement mutuel des capacit\u00e9s, du dynamisme \u00e9conomique, et des souverainet\u00e9s alimentaires qui s&#8217;op\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous ces domaines, mon approche privil\u00e9gie les solutions ancr\u00e9es dans les r\u00e9alit\u00e9s du terrain, l&#8217;implication des communaut\u00e9s locales, la durabilit\u00e9 environnementale et sociale. C&#8217;est cette vision int\u00e9gr\u00e9e qui permettra, je l&#8217;esp\u00e8re, de transformer durablement les conditions de vie des communaut\u00e9s agricoles marocaines, tout en b\u00e9n\u00e9ficiant aux consommateurs marocains.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#abb7c229\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>Parcours :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alexandre Anh T\u00e0i Huynh, nomm\u00e9 Repr\u00e9sentant de la FAO au Maroc en f\u00e9vrier 2025, est titulaire d\u2019un master en droit international (Aix-Marseille) et d\u2019une licence en management (Universit\u00e9 de Versailles-Saint-Quentin). Il d\u00e9bute sa carri\u00e8re en 1993 dans la presse franco-vietnamienne, avant d\u2019occuper des postes \u00e0 Hachette Filipacchi et de co-diriger une entreprise \u00e0 Hano\u00ef. Entre 1999 et 2003, il est charg\u00e9 de projets en France puis, en 2003, chef de mission de Solidarit\u00e9s Internationales au Burundi. Il rejoint l\u2019ONU en 2005, d\u2019abord \u00e0 l\u2019OCHA, puis \u00e0 la FAO o\u00f9 il gravit les \u00e9chelons : coordinateur adjoint au Burundi (2005), coordinateur des op\u00e9rations d\u2019urgence pour Madagascar et les \u00eeles de l\u2019oc\u00e9an Indien (2009-2014), repr\u00e9sentant int\u00e9rim (2012-2013), puis repr\u00e9sentant adjoint (2014-2016). Il dirige ensuite la Repr\u00e9sentation de la FAO au Cambodge (2016-2021) et celle de Mauritanie (2021-2025), avant de prendre ses fonctions \u00e0 Rabat pour renforcer l\u2019appui de l\u2019organisation aux politiques agricoles, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et au d\u00e9veloppement durable du Royaume.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La s\u00e9cheresse structurelle que conna\u00eet le Royaume n&#8217;est pas une crise passag\u00e8re, c&#8217;est une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle il faut s&#8217;adapter en profondeur. \u00a0 Notre intervention s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 du Discours du Tr\u00f4ne 2025 : \u00ab Il n&#8217;y a pas de place pour un Maroc \u00e0 deux vitesses. Notre action vise \u00e0 ce que &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12670,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-12669","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-non-classe"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12669","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12669"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12669\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12672,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12669\/revisions\/12672"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12670"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12669"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12669"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12669"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}