{"id":9937,"date":"2024-11-19T14:42:55","date_gmt":"2024-11-19T13:42:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=9937"},"modified":"2025-05-12T10:49:52","modified_gmt":"2025-05-12T09:49:52","slug":"m-rachid-khattate-president-de-maroc-lait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/foodmagazine.ma\/?p=9937","title":{"rendered":"M. Rachid Khattate, pr\u00e9sident de Maroc Lait"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"597\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-R-KHATTATE.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9938\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-R-KHATTATE.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-R-KHATTATE-300x179.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-R-KHATTATE-768x458.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La fili\u00e8re laiti\u00e8re contribue de mani\u00e8re significative \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du pays\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La fili\u00e8re laiti\u00e8re au Maroc, pilier strat\u00e9gique de l\u2019\u00e9conomie agricole, se positionne comme un vecteur de stabilit\u00e9 sociale et de souverainet\u00e9 alimentaire. Avec une capacit\u00e9 de production qui r\u00e9pond \u00e0 pr\u00e8s de 96 % des besoins nationaux et une organisation int\u00e9gr\u00e9e de collecte et de transformation, ce secteur mobilise 260 000 producteurs et des milliers de petits \u00e9leveurs implant\u00e9s dans les zones rurales. Une dynamique essentielle pour l\u2019\u00e9conomie locale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte de forte demande et de d\u00e9fis climatiques, le pr\u00e9sident de Maroc Lait, M. Rachid Khattate,&nbsp; revient dans cette interview sur les initiatives de son organisation pour renforcer la r\u00e9silience du secteur, moderniser la production et garantir un approvisionnement de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em><strong>Le secteur a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un chiffre d\u2019affaires de 13,5 milliards de dirhams en 2023 et assure 450 000 emplois permanents\u00a0<\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong>Tout d\u2019abord, pouvez-vous nous donner un aper\u00e7u sur la fili\u00e8re laiti\u00e8re au Maroc aujourd\u2019hui et ce qu\u2019elle repr\u00e9sente en quelques chiffres ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La fili\u00e8re laiti\u00e8re au Maroc est un pilier essentiel de l\u2019\u00e9conomie agricole, un levier de d\u00e9veloppement rural et un acteur central de la souverainet\u00e9 alimentaire. Quelques chiffres illustrent son importance.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secteur compte 260 000 producteurs de lait, dont 70 % sont situ\u00e9s dans des p\u00e9rim\u00e8tres irrigu\u00e9s. Parmi eux, 90 % sont de petits producteurs. Le cheptel productif s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 1,6 million de t\u00eates, avec 70 % de races am\u00e9lior\u00e9es ou crois\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9seau de collecte est compos\u00e9 de 2 700 centres, dont 1 900 sont des coop\u00e9ratives. Le r\u00e9seau industriel de transformation comprend 82 usines et petites unit\u00e9s agr\u00e9\u00e9es, avec 20 unit\u00e9s assurant 95 % du traitement de la production.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2023, la production nationale a atteint 1,96 milliard de litres, refl\u00e9tant l\u2019importance de cette fili\u00e8re pour l\u2019\u00e9conomie nationale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel est l\u2019\u00e9tat de la fili\u00e8re et de son environnement \u00e9conomique, sociale et \u00e9cologique ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La fili\u00e8re laiti\u00e8re joue un r\u00f4le essentiel dans la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du Maroc, couvrant 96 % de la demande en lait (contre 90 % en 2010). Le secteur a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un chiffre d\u2019affaires de 13,5 milliards de dirhams en 2023 et assure 450 000 emplois permanents.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan social, cette fili\u00e8re contribue \u00e0 freiner l\u2019exode rural, permettant la fixation des populations dans les zones agricoles. Cela favorise le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, tout en pr\u00e9servant l\u2019environnement et en cr\u00e9ant des \u00e9cosyst\u00e8mes propices \u00e0 l\u2019\u00e9cotourisme et aux produits du terroir. Ces efforts am\u00e9liorent \u00e9galement le bien-\u00eatre des populations et des animaux dans ces r\u00e9gions.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>N\u2019\u00e9tait-ce pas d\u00e9j\u00e0 le r\u00f4le de la d\u00e9funte FIMALAIT ? Quelles le\u00e7ons ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es de cette pr\u00e9c\u00e9dente exp\u00e9rience ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>FIMALAIT a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e en raison de blocages dans la gestion, dus \u00e0 quelques adh\u00e9rents repr\u00e9sentant moins de 10 % de la fili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>En cr\u00e9ant Maroc Lait, la gouvernance a \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e. Tout en respectant la loi 03-12, r\u00e9gissant les interprofessions, les statuts et r\u00e8glements int\u00e9rieurs de Maroc Lait incluent des dispositions sp\u00e9cifiques pour \u00e9viter les situations de blocage d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9es au sein de l\u2019ancienne F\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces mesures garantissent une gestion plus fluide et participative de l\u2019interprofession laiti\u00e8re. L\u2019interprofession laiti\u00e8re f\u00e9d\u00e8re actuellement 86 % des producteurs laitiers au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pouvez-vous nous d\u00e9tailler les principales avanc\u00e9es obtenues <\/strong><strong>gr\u00e2ce aux unit\u00e9s r\u00e9gionales d\u2019encadrement laitier (UREL) et com<\/strong><strong>ment cela a impact\u00e9 les \u00e9leveurs en 2024 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 2023, six Unit\u00e9s R\u00e9gionales d\u2019Encadrement Laitiers (UREL) ont \u00e9t\u00e9 mises en place. Ce nouveau concept de gouvernance de proximit\u00e9 remplit deux fonctions principales. D\u2019une part, il s\u2019agit de la transmission en continu sur le terrain des directives strat\u00e9giques du Conseil d\u2019administration, align\u00e9es avec la Strat\u00e9gie nationale sectorielle : Green Generation. D\u2019autre part, les UREL assurent la remont\u00e9e des informations en temps r\u00e9el, en collectant les statistiques et les probl\u00e9matiques rencontr\u00e9es par les \u00e9leveurs. Ces donn\u00e9es sont ensuite synth\u00e9tis\u00e9es et transmises au Conseil d\u2019administration ainsi qu\u2019au minist\u00e8re de tutelle.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2023, les six UREL ont men\u00e9 plusieurs actions importantes. Elles ont r\u00e9alis\u00e9 un diagnostic approfondi de la situation des \u00e9levages laitiers \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale. De plus, elles ont \u00e9labor\u00e9, suivi et mis en \u0153uvre des programmes d\u2019encadrement sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque r\u00e9gion. Par ailleurs, une coordination r\u00e9gionale a \u00e9t\u00e9 mise en place avec les partenaires tels que les Directions R\u00e9gionales de l\u2019Agriculture (DRA), l\u2019Office National du Conseil Agricole (ONCA), et l\u2019Office National de S\u00e9curit\u00e9 Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA), dans le but de simplifier les proc\u00e9dures li\u00e9es aux subventions, aux campagnes de vaccination et \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux cr\u00e9dits.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2024, les r\u00e9sultats obtenus sont particuli\u00e8rement impressionnants. Pas moins de 25 organisations professionnelles ont \u00e9t\u00e9 encadr\u00e9es, tandis que 12 000 \u00e9leveurs ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un accompagnement. Par ailleurs, 96 circuits d\u2019ins\u00e9mination artificielle et 52 circuits de contr\u00f4le laitier ont \u00e9t\u00e9 suivis. De plus, 66 journ\u00e9es de sensibilisation ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es, accompagn\u00e9es de 1 000 visites d\u2019encadrement r\u00e9alis\u00e9es sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avec l\u2019expansion des programmes de formation en 2024, notamment pour les jeunes entrepreneurs et les \u00e9leveurs, comment Maroc Lait envisage-t-elle de continuer \u00e0 am\u00e9liorer les comp\u00e9tences du secteur ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019am\u00e9lioration de la formation des \u00e9leveurs se concentrera sur deux axes principaux. Le premier concerne le lieu de formation. Il est pr\u00e9vu d\u2019\u00e9tendre le centre p\u00e9dagogique au Lactop\u00f4le Ain Jamaa, tout en \u00e9largissant la couverture r\u00e9gionale avec des journ\u00e9es de formation adapt\u00e9es aux sp\u00e9cificit\u00e9s locales de chaque r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second axe concerne les programmes de formation. Avec l\u2019accord du minist\u00e8re, le centre p\u00e9dagogique d\u2019Ain Jamaa int\u00e9grera d\u00e9sormais des modules sur les nouvelles technologies, la rentabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9levage laitier et la protection de l\u2019environnement. Des conventions ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 sign\u00e9es avec des organismes marocains et internationaux, permettant d\u2019acc\u00e9der aux derni\u00e8res avanc\u00e9es technologiques dans le domaine de l\u2019\u00e9levage.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019apport de Maroc Lait par rapport \u00e0 la formation traditionnelle repose sur une approche compl\u00e8te qui combine th\u00e9orie et pratique. Les stagiaires sont encadr\u00e9s non seulement par des professeurs, mais aussi par des professionnels du secteur, assurant ainsi une formation de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique, via le Centre R\u00e9gional d\u2019Ins\u00e9mination Artificielle, est un pilier cl\u00e9 de la r\u00e9silience du secteur. Quels r\u00e9sultats avez-vous d\u00e9j\u00e0 obtenus et quels sont vos objectifs \u00e0 moyen terme ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En plus des actions de terrain telles que l\u2019ins\u00e9mination artificielle, le contr\u00f4le laitier et la g\u00e9nomique, le Centre R\u00e9gional de l\u2019Ins\u00e9mination Artificielle d\u2019Ain Jemaa a pour ambition de produire 400 000 doses par an, r\u00e9pondant ainsi \u00e0 50 % des besoins nationaux en semences bovines, tout en respectant les standards internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif \u00e0 terme est de couvrir l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des besoins nationaux avant la fin du Contrat Programme en 2030.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les nouvelles conventions sign\u00e9es en 2024 marquent une \u00e9tape importante. Comment ces initiatives contribuent-elles \u00e0 renforcer la r\u00e9silience et la productivit\u00e9 de la fili\u00e8re laiti\u00e8re au Maroc ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Deux nouvelles conventions ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9es le 4 octobre 2024. La premi\u00e8re porte sur la d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 Maroc Lait de la gestion du Centre National de l\u2019Ins\u00e9mination Artificielle d\u2019Ain Jemaa. La seconde concerne un projet de digitalisation de la fili\u00e8re laiti\u00e8re (\u00abSI\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces conventions s\u2019inscrivent dans le cadre du plan d\u2019action \u00e0 moyen terme \u00e9labor\u00e9 en partenariat avec le minist\u00e8re de tutelle. La gestion de l\u2019ins\u00e9mination du cheptel par un centre sous la supervision de Maroc Lait constitue une \u00e9tape essentielle pour renforcer la r\u00e9silience de la fili\u00e8re. Une attention particuli\u00e8re est port\u00e9e \u00e0 la reproduction locale, afin de garantir la souverainet\u00e9 alimentaire du pays, face aux limites des importations pour couvrir les besoins nationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>La digitalisation de la fili\u00e8re laiti\u00e8re repr\u00e9sente \u00e9galement un levier cl\u00e9 pour l\u2019\u00c9tat, Maroc Lait, les coop\u00e9ratives et les \u00e9leveurs. Cet outil permettra non seulement d\u2019am\u00e9liorer la visibilit\u00e9 des donn\u00e9es pour les d\u00e9cideurs, mais aussi d\u2019optimiser le suivi des activit\u00e9s et la rentabilit\u00e9 pour les \u00e9leveurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Face aux d\u00e9fis climatiques, comme la s\u00e9cheresse, quelles mesures sp\u00e9cifiques avez-vous mises en place pour soutenir les \u00e9leveurs et maintenir la durabilit\u00e9 de la production laiti\u00e8re ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face aux multiples crises que traverse la fili\u00e8re laiti\u00e8re depuis 2020, telles que le stress hydrique, la hausse des prix des intrants, les s\u00e9quelles de la pand\u00e9mie de Covid-19 et les perturbations du march\u00e9, des mesures significatives ont \u00e9t\u00e9 mises en place pour garantir un approvisionnement r\u00e9gulier du march\u00e9 et soutenir les \u00e9leveurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau du Minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, de la P\u00eache Maritime, du D\u00e9veloppement Rural et des Eaux et For\u00eats, plusieurs actions ont \u00e9t\u00e9 entreprises. La subvention continue des aliments compos\u00e9s pour vaches laiti\u00e8res, en vigueur depuis mars 2022, se poursuit. En 2023, une exon\u00e9ration de la TVA sur l\u2019importation des aliments simples et des fourrages a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e, bien que suspendue en 2024, elle est demand\u00e9e pour 2025. Le minist\u00e8re subventionne \u00e9galement les jeunes velles, tant import\u00e9es que produites localement, et a soutenu l\u2019importation de 20 000 g\u00e9nisses de races laiti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Maroc Lait a augment\u00e9 de plus de 30 % les prix pay\u00e9s aux \u00e9leveurs pour les aider \u00e0 faire face \u00e0 la hausse des prix des aliments, tout en les encourageant \u00e0 maintenir leur activit\u00e9 de production laiti\u00e8re. L\u2019organisation veille \u00e9galement \u00e0 assurer un suivi rigoureux de la production laiti\u00e8re et de sa commercialisation, afin de garantir l\u2019approvisionnement r\u00e9gulier du march\u00e9. Toutes ces mesures s\u2019ajoutent aux initiatives pr\u00e9c\u00e9demment mises en \u0153uvre, telles que le lancement des six unit\u00e9s r\u00e9gionales d\u2019encadrement laitier, les programmes de formation et l\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique du cheptel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment Maroc Lait s\u2019assure-t-elle de r\u00e9pondre aux attentes des consommateurs en mati\u00e8re de qualit\u00e9, de durabilit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, tout en maintenant une production comp\u00e9titive ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette question met en lumi\u00e8re trois param\u00e8tres essentiels.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier concerne l\u2019approvisionnement r\u00e9gulier du march\u00e9. Depuis les tensions exceptionnelles sur l\u2019offre constat\u00e9es en novembre 2022, Maroc Lait, en collaboration avec l\u2019\u00c9tat, a mis en place des m\u00e9canismes garantissant une r\u00e9ponse continue \u00e0 la demande. Depuis la fin 2022, aucune perturbation dans l\u2019offre de produits laitiers n\u2019a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e, y compris durant les mois de Ramadan, p\u00e9riode de forte consommation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second param\u00e8tre porte sur la qualit\u00e9, la durabilit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Produisant un bien de consommation quotidienne hautement sensible, la fili\u00e8re ne peut se permettre aucune erreur. Chaque \u00e9tape de la cha\u00eene de production est s\u00e9curis\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des proc\u00e9dures pr\u00e9ventives, sous la supervision des directions de la qualit\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9, ainsi que de l\u2019ONSSA. Toutefois, comme d\u2019autres secteurs, l\u2019interprofession est la cible de fausses informations nuisibles circulant sur les r\u00e9seaux sociaux. Face \u00e0 cela, le gouvernement a pris conscience de l\u2019ampleur du probl\u00e8me et travaille sur un projet de r\u00e9glementation en cours.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la production comp\u00e9titive constitue le troisi\u00e8me enjeu majeur. Chaque op\u00e9rateur d\u00e9veloppe des strat\u00e9gies sp\u00e9cifiques pour rester performant tout en tenant compte des besoins du consommateur et des contraintes li\u00e9es au pouvoir d\u2019achat. La comp\u00e9titivit\u00e9 reste un objectif fondamental pour l\u2019ensemble de la fili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les principaux d\u00e9fis auxquels est confront\u00e9e la fili\u00e8re laiti\u00e8re au Maroc aujourd\u2019hui, et quelles sont vos priorit\u00e9s pour y faire face dans les ann\u00e9es \u00e0 venir ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les principaux d\u00e9fis actuels se concentrent sur deux axes majeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier d\u00e9fi est la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e, qui a un impact significatif sur le niveau de remplissage des barrages et des nappes phr\u00e9atiques, entra\u00eenant une hausse du co\u00fbt des aliments, repr\u00e9sentant jusqu\u2019\u00e0 70 % du prix de revient. Dans l\u2019attente du retour des pluies, des initiatives sont en cours pour d\u00e9velopper des fourrages \u00e9conomes en eau ainsi que des rations s\u00e8ches. Parall\u00e8lement, le gouvernement progresse dans la mise en place de nouvelles infrastructures hydrauliques afin de pallier la raret\u00e9 de l\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second d\u00e9fi est la fluctuation de la consommation, cr\u00e9ant un d\u00e9s\u00e9quilibre entre l\u2019offre et la demande. Pour y rem\u00e9dier, une collaboration avec le minist\u00e8re de tutelle est en cours pour d\u00e9velopper des actions \u00e0 l\u2019export et mettre en place des mesures de soutien financier pour le s\u00e9chage du lait. Ces initiatives permettent de maintenir la collecte aupr\u00e8s des fermiers, m\u00eame lors des p\u00e9riodes de baisse de la demande.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces d\u00e9fis, l\u2019avenir s\u2019annonce prometteur, soutenu par les grands projets en cours dans le pays et par la d\u00e9termination des adh\u00e9rents et employ\u00e9s \u00e0 atteindre les objectifs de la strat\u00e9gie \u00abGeneration Green\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Parcours<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M. Rachid Khattat cumule plus de 25 ans d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019industrie agroalimentaire et la grande distribution, ayant occup\u00e9 des postes strat\u00e9giques au Maroc et \u00e0 l\u2019international. Il d\u00e9bute sa carri\u00e8re en tant que Supply Chain Manager chez Unilever, o\u00f9 il \u00e9volue dans plusieurs pays entre 1995 et 2005. Il devient ensuite Corporate Affairs Manager pour Nestl\u00e9 Maghreb de 2008 \u00e0 2010, puis dirige Nestl\u00e9 Tunisie de 2010 \u00e0 2015. De 2015 \u00e0 2020, il occupe le poste de Head of HR pour Nestl\u00e9 Maghreb, avant de rejoindre la Soci\u00e9t\u00e9 Internationale Promotion Immobili\u00e8re en tant que responsable des ressources humaines de 2020 \u00e0 2022. Depuis d\u00e9cembre 2022, il est Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de Centrale Danone. En octobre 2023, M. Khattat est \u00e9lu pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration Interprofessionnelle de la Fili\u00e8re Laiti\u00e8re \u00ab Maroc Lait \u00bb, conform\u00e9ment au mode de gouvernance de cette organisation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fili\u00e8re laiti\u00e8re contribue de mani\u00e8re significative \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du pays\u00a0 La fili\u00e8re laiti\u00e8re au Maroc, pilier strat\u00e9gique de l\u2019\u00e9conomie agricole, se positionne comme un vecteur de stabilit\u00e9 sociale et de souverainet\u00e9 alimentaire. Avec une capacit\u00e9 de production qui r\u00e9pond \u00e0 pr\u00e8s de 96 % des besoins nationaux et une organisation int\u00e9gr\u00e9e de &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9938,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[23],"tags":[],"class_list":["post-9937","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-interview"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9937","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9937"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9937\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9939,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9937\/revisions\/9939"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/9938"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9937"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9937"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9937"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}